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Historique de Loudun de 986 à 1790

 
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Teckel86
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MessagePosté le: Dim 7 Oct - 15:33 (2007)    Sujet du message: Historique de Loudun de 986 à 1790 Répondre en citant

Historique  

La sénéchaussée de Loudun fut une entité administrative de l'Ancien Régime. Loudun et le Loudunais sont situés dans un territoire dépendant de l'Anjou et situé à la limite de deux autres provinces : la Touraine et le Poitou.

Au Moyen-Âge et jusqu'à la Révolution française, le Saumurois s'enfonce dans le Poitou actuel englobant Loudun jusqu'à Mirebeau au Sud. Le Loudunais constitue un bailliage ou sénéchaussée distinct, dépendant du gouvernement de Saumur et du Saumurois ainsi que de la Généralité de Tours. Le Loudunais demeure historiquement détaché du Poitou.

Loudun fief des comtes d'Anjou (986-1206) Guillaume III de Poitiers et Geoffroy d'Angers s'affrontent au lieu-dit Les Roches Saint-Paul. Geoffroy obtient le fief de Loudun mais est vassal de Guillaume. Loudun dépendra des comtes d'Anjou jusqu'en 1206, date à laquelle Philippe-Auguste la rattache à la Couronne.

En 986, Guillaume III de Poitiers et Geoffroy Ier d'Anjou s'affrontent au lieu-dit Les Roches Saint-Paul, alors rattaché à la paroisse de Coussay. Geoffroy obtient le fief de Loudun mais est vassale de Guillaume. Loudun dépendra des comtes d'Anjou jusqu'en 1206, date à laquelle Philippe Auguste la rattache à la Couronne de France. Cependant, Philippe-Auguste donne Loudun en garde à Guillaume des Roches, sénéchal d'Anjou et du Maine, car le roi de France considère Loudun comme une place stratégique et décide de remplacer l'ancien castrum par une nouvelle forteresse des puissants Plantagenêt.
Le comte d'Anjou Foulques Nerra (987-1040) fait construire une première tour pour protéger le Sud des possessions angevines à d'éventuelles incursions des comtes de Poitou. Elle fut détruite à une date indéterminée et probablement reconstruite à la charnière des XIe-XIIe siècles par son petit-fils Foulques IVle Réchin (1068-1109).

En 1214 : Jean-sans-Terre intrigue contre le roi Philippe-Auguste, en achetant l’aide des barons poitevins : les Chauvigny, les Mauléons, les Thouars. Jean-sans-Terre occupe Angers. Louis, le fils de Philippe-Auguste intervient à Moncontour dont il fait détruire le château. De son côté, Philippe-Auguste est vainqueur à Bouvines. Il vient aussitôt à Loudun pour imposer la paix de Chinon à Jean-sans-Terre qui doit renoncer à la plus grande partie de ses possessions en Poitou.

En 1476,le roi René d'Anjou est contraint de conclure un accord avec Louis XI, étant accusé d'avoir négocié avec Charles le Téméraire. Loudun est alors réunie à la couronne de France. Louis XI l'érige en baillage. François Ier ordonne qu'on rédige la coutume de Loudun. Le Loudunais devient une sénéchaussée. La sénéchaussée de Loudun dépendra du gouverneur de Saumur.

En 1542, Lors de la création de la généralité de Tours, la sénéchaussée de Loudun intégre cet ensemble territorial constitué par les provinces d'Anjou, du Maine et de la Touraine..

En 1568 Les luttes entre protestants et catholiques reprennent. Henri, roi de Navarre, alors âgé de 16 ans se trouve alors à Loudun avec l'armée protestante. Les protestants brûlent la Collégiale de Sainte-Croix, le couvent de l'église des Carmes (Saint-Hilaire-du-Martray) et l'échevinage. Le duc d'Anjou (catholique) fait le siège de Loudun pour récupérer la cité aux mains des Protestants.

En 1569, Coligny s'empare de Poitiers. A la Bataille de Moncontour : le duc d'Anjou, futur Henri III inflige une défaite sanglante aux Huguenots.

En 1584 Louis XIII, donne l'ordre de faire détruire la forteresse érigée par Philippe-Auguste, le palais des ducs-rois d'Anjou-Sicile et de l'enceinte fortifiée de Loudun.

En 1587, Henri de Navarre s'empare de Loudun ainsi que de Vivonne, Mirebeau et Châtellerault.

En 1631, Louis XIII envoie à Loudun le conseiller d'État Jean Martin baron de Laubardémont afin de terminer la démolition de la forteresse construite par Philippe-Auguste, du palais des Ducs-Rois d'Anjou-Sicile, du donjon et de l'enceinte fortifiée de la ville.

En 1789, l'Assemblée Constituante impose la création de départements. Les délégués de Saumur et de Loudun envisagent la création d'un département regroupant les anciennes sénéchaussées de Saumur et de Loudun. Mais des tensions apparaissent entre les délégués saumurois et ceux d'Angers. Les Saumurois reprochant aux Angevins de démenteler l'Anjou, en abandonnant un certain nombre de territoires, notamment la région de Bourgueil (Sénéchaussée de Saumur) à la Touraine. Les délégués de Loudun prennent leurs distances avec les représentants de Saumur. Face à ces dissenssions, l'Assemblée Constituante, impose le rattachement de Saumur au futur département (Mayenne-et-Loire) rebaptisé Maine-et-Loire et le rattachement de Loudun au département de la Vienne


En 1790, lors de la création des départements français, le Sud-Saumurois (sénéchaussée de Loudun et pays de Mirebeau dépendants du gouverneur de Saumur) est rattaché au département de la Vienne.
 

 


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MessagePosté le: Dim 7 Oct - 15:33 (2007)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Lun 8 Oct - 13:19 (2007)    Sujet du message: Historique de Loudun de 986 à 1790 Répondre en citant

Carte de l'ancienne province d'Anjou !


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MessagePosté le: Lun 8 Oct - 13:24 (2007)    Sujet du message: Historique de Loudun de 986 à 1790 Répondre en citant


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MessagePosté le: Lun 8 Oct - 18:19 (2007)    Sujet du message: Historique de Loudun de 986 à 1790 Répondre en citant



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MessagePosté le: Dim 26 Avr - 16:06 (2009)    Sujet du message: Historique de Loudun de 986 à 1790 Répondre en citant

Un petit complément sur l'histoire de Loudun. Cet historique provient d'une "Histoire des Villes de France", par Aristide Mathieu Guilbert et publié en 1845.
L'ouvrage complet est disponible en version pdf sur le net et numérisé par Google....
  
Le nom primitif de Loudun, Lansdunum, se compose de deux mots celtiques, qui signifient assemblée de la colline; Loudun occupe, en effet, le sommet d'une montagne, entre les rivières de la Dive, de la Creuse et de Martiel. C'était, dès 849, le siège d'une viguerie, et la capitale du Laudunois, Pagus Lausidunensis. Les comtes de Poitou le donnèrent en fief aux comtes d'Anjou, vassaux redoutables, qui, dans leurs discussions avec leurs suzerains, sollirent et dévastèrent plusieurs fois Loudun. Toutefois cette ville était assez tranquille, en 1109, pour qu'on y tînt un concile, dans le but de régler quelques points de juridiction ecclésiastique. Les évêques du Mans, de Saintes, d'Agen, Périgueux, Angers, Rennes, Nantes, Dol et Vannes, y assistèrent, sous la présidence de Girard, évêque d'Angouléme et légat du saint-siège. Philippe-Auguste enleva le Loudunois à Jean- sans-Terre, et le donna à Aimeri, vicomte de Thouars (1204). Loudun était alors, disent les chroniqueurs, une ville riche et bien fortifiée, oppidum opulentum et bene munilum. Son administration municipale, établie dès le règne de Louis-le-Gros, se composait de deux conseils, six échevins et un syndic, nommés tous les trois ans par les chefs des deux paroisses, Saint-Pierre-du-Mortrai et Saint Pierre-du-Marché. Un chapitre y avait été fondé, à la fin du XIème siècle, sous l'invocation de Sainte-Croix. Charles V accorda aux chanoines des lettres de sauvegarde , datées de Paris, au mois de mai 1336, et leur assigna pour protecteur le bailli de Touraine. Le 4 février 1336, il abandonna la châtellenie de Loudun à son frère Louis; mais elle revint à la couronne, en 1476. Louis XI, étant au château du Plessis-lez Tours, le 28 septembre 1480, érigea le siège de Loudun en bailliage royal. François Ier, à la requête d'Olivier Fontaine, avocat, et de Guillaume le Febvre, procureur du roi, ordonna qu'on rédigerait la coutume du Loudunois. Les justiciables s'assemblèrent, le 4 juin 1508, dans la grande salle du couvent des Cordeliers, fondé à Loudun, en 1242, par les premiers disciples de saint François. Le travail, achevé en deux jours, fut imprimé à Paris en 1536, et quoiqu'il n'ait jamais été homologué par le parlement, il a eu force de loi jusqu'à la Révolution.  

  
Des bandes de routiers menacèrent Loudun, en 1523; l'amiral Bonnivet, gouverneur de la place, ordonna de réparer les murs, d'amasser des munitions, et mit le sieur la Roche-Tiercelin à la tête des nobles et des milices bourgeoises, qui combattirent avec succès les brigands. La réforme amena pour Loudun de nouveaux dangers. Les calvinistes, commandés par le capitaine écossais Cornwale, et soutenus par le comte d'Aran, pillèrent les églises, et renversèrent les croix et les images (1531). Charles IX, pour leur ôter tout prétexte de violences, leur permit, par lettres datées du bois de Vincennes, le 6 juin 1563, «de s'assembler dans la ville et les faubourgs de Loudun, et de vivre en repos et liberté de leurs consciences, sans aucun scandale ou émotion. » Le roi vint en personne à Loudun, le 26 septembre 1565, avec Marguerite sa sœur, la reine-mère, le prince de Condé, et le cardinal de Bourbon, «et deux heures après leur arrivée, il tira au jeu d'arbalète à une butte que l'on avait faite à dessein dans les dunes du château, devant les Cordeliers. »  
Loudun était, au dire de Varillas, «la plus zélée des villes de France pour le calvinisme, après celle de La Rochelle. » Dès que Charles IX se fut éloigné, les protestants prirent des mesures pour s'assurer du château, et forcèrent a la fuite tous les prêtres catholiques, à l'exception de trois cordcliers trop courageux ou trop attachés à leur foyer, le P. Desmanis, gardien du couvent, le P. de Melay et le P. Boyer, qui furent massacrés sans pitié. Quelques jours plus tard, le duc d'Anjou somma la garnison de Loudun ; mais Dacier, gouverneur du château pour le prince de Navarre, se mit en état de défense, et bientôt le prince de Condé accourut au secours de la ville. Les deux armées demeurèrent, pendant quatre jours entiers, en présence : les rigueurs du froid, la neige, le verglas, rendaient tout combat impossible ; enfin l'armée catholique décampa, le cinquième jour. Les protestants, comme pour célébrer leur triomphe, mirent le feu à l'église de Sainte- Croix , et au couvent des Carmes, vieil édifice qui avait été construit, en 1334, aux frais d'Amauri, seigneur de Lamothe de Beaussai. Les catholiques s'emparèrent de Loudun, le 25 janvier 1569; Briant, bailli du Loudunois, commença aussitôt des informations contre les réformés qui avaient porté les armes. La paix de Saint-Germain suspendit ces poursuites, et enhardit les ennemis de la religion dominante, à tel point, que le jour de la Fête-Dieu 1570, la servante de la veuve David jeta un rat sur le poêle du saint-sacrement : délit pour lequel elle fut condamnée à faire amende honorable devant l'église Sainte-Croix, et à être fouettée dans les rues. Dans le courant de février à mars 1577, le capitaine protestant Sire mit au pillage une partie de Loudun , et, par représailles, les catholiques détruisirent un temple élevé en 1570, dans la rue de Villecour. Henri de Navarre rétablit la tranquillité; après avoir signé à Veniès, le 23 février 1587, un traité avec les habitants, il obligea les protestants à lui jurer fidélité par-devant le bailli, et exigea des ecclésiastiques séculiers ou réguliers qu'ils fissent acte public de renonciation à la Ligue. Ce prince honorait d'une estime particulière le sieur de Clairville, pasteur de Loudun, qu'il chargea de plusieurs négociations importantes. Il le déclara exempt d'impôts, par lettre adressée aux élus de Loudun, au mois d'avril 1591, en ajoutant par un post-scriptum autographe : « Ne fêles fautes à ce que je vous commande pour le sieur de Clairville, quy est de mes ansyens cervyteurs et domestyques. »  
Jusqu'au règne de Henri IV, le Loudunois avait eu des gouverneurs particuliers. Des lettres du 28 février 1604 le réunirent au Poitou et au Châtelleraudais, sous l'administration du marquis de Kosny, qui fit son entrée solennelle à Loudun, le 15 juillet. Louis XIII et sa mère visitèrent Loudun, le 5 août 1614. En 1016, Loudun fut désigné comme lieu de réunion des négociateurs de la paix entre le roi et le prince de Condé, chef du parti protestant. Les conférences s'ouvrirent, le 10 février, chez la comtesse douairière de Soissons, et furent, suivant d'Aubigné, « une foire publique de perfidies particulières et de lâchetés générales. » Le chevalier Edmond, ambassadeur d'Angleterre, intervenait comme médiateur. Le traité fut signé, au bout de quatre mois de discussions, et vérifié au parlement, le 13 juin. Malgré ce pacte définitif, les réformés cherchèrent à se saisir du château de Loudun, dont le commandant, Bois-Guérin, leur partisan, releva les fortifications démantelées en 1569 ; leur attaque ayant été repoussée par Hervé du Moulin, lieutenant-criminel au bailliage, Louis XIII, afin de prévenir de nouvelles entreprises, décida que le château serait rasé, et en confia la démolition à Laubardemont, intendant de Tours, par lettres datées de Fontainebleau , le 9 novembre 1632, et de Moritereau, le 6 août 1633. Ainsi fut appelé à Loudun celui qui devait y acquérir une renommée si terrible en instruisant le procès d'Urbain Grandier.  
Curé de la paroisse de Saint-Pierre-du-Marché et chanoine de Sainte-Croix, Grandier s'était attiré l'inimitié et l'envie par sa hauteur, sa causticité, son avancement rapide, ses audacieuses prédications contre les confréries, la faveur qu'il témoignait aux protestants, le scandale de ses séductions et de ses adultères. Dénoncé pour impiété et libertinage, acquitté par le présidial de Poitiers, le 2V mai 1631 , et par l'archevêque de Bordeaux, le 22 novembre, il reparut en triomphe à Loudun, une branche de laurier à la main, et entama immédiatement des poursuites contre ses persécuteurs. Les principaux étaient le procureur du roi Tronquant, dont il avait déshonoré la fille; Jean Mignon, chanoine, et Mounier, prêtre, ses compétiteurs en diverses occasions; Mennau, avocat du roi, son rival en amour, et Barot, président des élus, qu'il avait publiquement insulté.  
Mignon, directeur des Ursulines, établies à Loudun depuis 1626, persuada à ces religieuses qu'il fallait, par tous les moyens imaginables, purger l'église d'un tel débauché et d'un tel hérétique. Elles accusèrent donc Urbain Grandier de les avoir ensorcelées; Mignon exorcisa la supérieure, Jeanne de Belfiel, et la fille Claire Magnoun, le i 1 octobre 1632, en présence de Cerisay de La Guérinière, bailli du Loudunois, et de Louis Chauvet, lieutenant civil. Les scènes de possession se renouvelèrent; l'idée d'un pacte de Grandier avec le diable s'accrédita : les religieuses, au milieu de convulsions violentes, répondaient en latin aux questions des exorcistes et accusaient unanimement Grandier. Au bout d'une année, Laubardemont, de retour à Paris, instruisit Richelieu de ce qui se passait. Le cardinal, étant prieur de Joussay, avait été exposé aux dédains du curé de Loudun, qui lui avait disputé le pas dans une procession. En outre, les Capucins, que le P. Joseph avait introduits à Loudun, en 1616, écrivirent à leur protecteur qu'Urbain Grandier, de concert avec Suzanne Hamon, Loudunoise, favorite de la reine, avait écrit la Lettre de la cordonnière de la reine à M. de Baradas , pamphlet virulent dirigé contre Richelieu. Celui-ci était donc disposé à écouter les ennemis du prétendu magicien, et il donna à Laubardemont un ordre d'informer, en date du 30 novembre 1633.  
Urbain Grandier fut arrêté, le 17 décembre, par La Grange, lieutenant du prévôt, en sortant de sa maison avant le jour pour se rendre à matines. Transféré dans les prisons d'Angers, il y resta jusqu'au 9 avril 1634. Cependant les démons se multiplièrent dans le couvent ; le 20 mai, le récollet Lactance en fit sortir trois, Asmodée, Aman, Oresde, du corps de la supérieure, en présence d'une foule immense réunie dans l'église de Sainte-Croix. Le 13 juin, Grandier, confronté avec onze possédées, opposa un calme inébranlable à leurs cris, à leurs outrages, à leurs transports furieux. L'effet de cette épreuve lui fut favorable ; c'est à peine si l'explosion de l'indignation publique put être comprimée par une ordonnance du 29 juillet, qui défendait de médire des religieuses et de leurs exorcistes, sous peine de dix mille livres d'amende et de punition corporelle. Les bourgeois, bravant les décrets de Laubardemont, se réunirent à l'hôtel de ville, au son de la cloche, pendant le mois d'août, et rédigèrent une requête au roi contre les exorcistes « qui abusoient de leur ministère et de l'autorité de l'Église. » La supérieure, la sœur Claire, la sœur Agnès, et la femme Nogaret, témoins à charge, déclarèrent avec les signes du plus vif repentir qu'elles avaient calomnié un innocent. Les ennemis de Grandicr présentèrent ces faits comme un artifice de Satan pour sauver un coupable, et sentirent la nécessité d'accélérer le dénouement. Douze commissaires, choisis parmi les magistrats des siéges voisins, condamnérent le malheureux prêtre au supplice du feu, le 18 août 1634, « comme dûment atteint et convaincu du crime de magie, maléfice, possession arrivée par son fait. » Appliqué à la question , il déclara qu'il n'était point magicien, mais il avoua qu'il s'était abandonné aux plaisirs des sens, et avait composé un Traité contre le célibat des prêtres, afin de dissiper les scrupules d'une jeune fille qu'il entretenait depuis sept ans (Madeleine de Brou). Il fut brûlé vif devant l'église de Sainte-Croix, le jour de sa condamnation, entre quatre et cinq heures du soir. Sa mort ne fit point cesser les possessions ; le mensonge était trop productif pour qu'on y renonçât; les Ursulines extorquaient des aumônes aux curieux, parmi lesquels se trouva Monsieur, frère du roi, qui leur donna une attestation, le 11 mai 1635. Laubardemont les installa dans le collége des calvinistes, malgré l'opposition des habitants ameutés. Les démons semblaient s'acclimater à Loudun, lorsqu'on retrancha la pension de quatre mille livres accordée aux exorcistes. Dès lors tout rentra dans l'ordre naturel, et les religieuses vécurent dans l'oubli jusqu'en 1772, époque à laquelle elles firent place à des dames de l'Union-Chrétienne.  
Ainsi le dernier procès de sorcellerie fut jugé à Loudun. Cette ville avait alors une grande importance par son bailliage, son élection, son grenier à sel, et surtout par son église réformée, l'une des plus influentes du royaume, puisque sept synodes, provinciaux ou nationaux, s'y étaient réunis, du 22 avril 1610 au 12 janvier 1645. Le cardinal porta les premiers coups à Loudun, qu'une partie de ses bourgeois abandonna pour se fixer dans la nouvelle ville de Richelieu ; la révocation de l'édit de Nantes acheva l'œuvre de dépopulation. Quant au Laudunois, érigé en duché viager le 10 septembre 1578, en faveur de Françoise de Rohan, il fut engagé à la duchesse d'Aiguillon en 1645, et au duc de la Tremouille le 12 aout 1654.  
On trouva à Loudun une nouvelle confirmation de cette remarque générale, que les villes où le protestantisme avait été puissant et actif, se montrèrent presque indifférentes à la révolution politique de 1789. La seule manifestation politique des Loudunois, à cette époque, fut l'envoi d'une adresse de sa société des Amis de la liberté, aux Jacobins de Paris : dans cette pièce curieuse, lue à la Convention dans la séance du 31 décembre 1792, ils demandaient l'expulsion du cannibale Marat.  


  
L'arrondissement de Loudun, formé de l'ancien Loudunois, renferme 36,364 habitants; son territoire est fertile en vins, huiles, chanvres, et lins; on y récolte aussi beaucoup de miel. La capitale de ce petit pays, autrefois l'un des gouvernements militaires de la province de Poitou, et aujourd'hui l'une des sous- préfectures du département de la Vienne, n'a pas plus de 5,000 habitants, quoiqu'elle en pût contenir 15,000. Elle dépendait du diocèse de Poitiers et de l'intendance de Tours; elle était le chef-lieu d'une élection, le siége d'un bailliage et d'une sénéchaussée, et jouissait d'une coutume paticulière, bien que ressortissant à Tours pour la justice et les finances. Le bailliage a été remplacé par un tribunal de première instance, et un collége communal a succédé à celui que (îuy Chauvet, avocat au parlement de Paris, avait fondé à Loudun, par testament du 17 février 1610. Les Loudunois exploitent des fabriques de drap, de toiles et de dentelles communes, et font eu outre le commerce de l'orfèvrerie, des huiles de noix et des vins blancs. Loudun a donné naissance un grand nombre d'hommes illustres : nommons saint Alaune, abbé de la Chaize-Dieu, mort en 1100 à Burgos , où Constance, femme d'Alphonse, roi de Castille, l'avait mandé pour établir un hospice ; Jean-Salmon Macrin, poëte latin ; Gaucher de Suinta-Marthe et ses fils jumeaux, Scérole et Louis, connus par leurs travaux historiques; J.-C. Boullenger, antiquaire; Urbain Chevreau, dont on recherche encore le Chevreana ; Ismaël Bouillian, auteur d'ouvrages de morale et d'histoire en grec et en latin ; Claude Mangot, garde des sceaux sous le ministère du maréchal d'Ancre; Théophraste Renaudot, qui créa la Gazette de France, en 1631 ; Pelel de la Mesnadiére, reçu membre de l'Académie française, en 1655; et Aubin, protestant, auteur de l'Histoire des diables de Loudun. Les armoiries de Loudun étaient de gueules à une tour carrée et crénelée d'argent, au chef d'azur, chargé de trois fleurs de lys d'or.  


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MessagePosté le: Mar 28 Avr - 07:41 (2009)    Sujet du message: Historique de Loudun de 986 à 1790 Répondre en citant

voici l adresse du site de la ville de loudun,pour trouver des infos pratique sur different domaine.

http://www.ville-loudun.fr/
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MessagePosté le: Sam 2 Mai - 10:14 (2009)    Sujet du message: Historique de Loudun de 986 à 1790 Répondre en citant

J'ai trouvé dans une librairie de Loudun l'Histoire  Civile et Religieuse d'A-L Lerosey. Je vais essayer d'attaquer le livre assez rapidement!

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 06:53 (2017)    Sujet du message: Historique de Loudun de 986 à 1790

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