BIEN VIVRE EN LOUDUNAIS Index du Forum BIEN VIVRE EN LOUDUNAIS
LE FORUM DU BIEN VIVRE EN LOUDUNAIS
 
 FAQFAQ   RechercherRechercher   MembresMembres   GroupesGroupes   S’enregistrerS’enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 

Ternay - Histoire

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    BIEN VIVRE EN LOUDUNAIS Index du Forum -> LES QUATRE CANTONS -> CANTON DES TROIS MOUTIERS
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
pictavius
Ptit nouveau
Ptit nouveau

Hors ligne

Inscrit le: 18 Mai 2012
Messages: 108
Localisation: Ile de France
Date de naissance: 30/12/1952
Masculin
Point(s): 0
Moyenne de points: 0
Renaudot(s): 681
Moyenne de Renaudot(s): 6,31

MessagePosté le: Dim 3 Juin - 14:05 (2012)    Sujet du message: Ternay - Histoire Répondre en citant

Un document dont la source est  : Société Historique du Pays de Loudunois




TERNAY 
   
 
 

 

 
 
ORIGINE DU NOM
 
Ce terme vient d'un nom d'homme Gaulois "Turnius", avec le suffixe Acum.
 
 
 
HISTOIRE
 
L'église appartenait ainsi que le Prieuré à l'Abbaye de Marmoutiers. Elle est mentionnée dès l'an 1046.
 
Quant au village, il est formé de plusieurs petites agglomérations et jusqu'à la fin du siècle dernier la majorité de la population habitait dans des caves.'
 
En ce qui concerne le château à l'origine, bâtie à l'emplacement d'un souterrain refuge, il y a une forteresse entourée de fossés larges et profonds, dominant et défendant la vaste plaine qu'il dominait. Tout danger semblant écarté le Seigneur du lieu Bertrand de Beauvau fit transformer cet ouvrage défensif en une somptueuse demeure ; on peut encore voir sur le donjon actuel ses armoiries ainsi que celles de son épouse Françoise de Brézé.
Cinq ans après le début des travaux exactement en novembre mil-quatre-cent quarante-quatre commença la construction de la chapelle. Au XVIIème siècle, les deux pavillons qui terminaient les deux ailes principales furent reliés par une élégante construction surmontée d'un toit à la Mansard du plus bel effet.
 
L'historiographe Loudunais Dumoustier de La Fond nous apprend qu'en l'an 1568 "une compagnie d'arquebusiers à cheval de Tillac fut défaite dans le village de Ternay par le sieur de Cherbonnières le lieutenant fut fait prisonnier et trente de ses soldats y furent tués"
On peut encore voir de la cour intérieure du château les traces des arquebusades soigneusement respectées au cours des différents travaux de restauration.
 
Le château appartenait encore à un descendant de Bertrand de Beauvau, lorsque Claude en Février 1576 fit assassiner son voisin, le Seigneur de Savoie, Jacques II d'Arsac, écuyer, "archer de la compagnie d'ordonnance du Prince dauphin d'Auvergne, fils de Louis de Bourbon, duc de Montpensier".
Parmi les meurtriers se trouvait un Loudunais nommé Martinière, Prévôt des Maréchaux. Leur forfait accompli les assassins s'enfuirent, Claude de Beauvau en tête bien entendu, et seul un des coupables, Hector de Céris, put être pris, conduit à Thouars pour y être jugé et décapité. La victime laissait quatre orphelins et sa veuve Mathurine Le Riche ne se contenta pas de la peine infligée à un des exécutants ; elle obtint du Procureur du Roi une sentence de mort contre Claude et ses complices ainsi que la confiscation de tous leurs biens au profit de ses enfants.
Ce n'est qu'en 1605 que Mathurin, René, Henri, Magdeleine et Simone d'Arsac purent prendre possession du château et de ses dépendances.
 
Petite fille de Jacques, fille de René et de Dame Élisabeth Le Roux de La Roche des Aubiers, Anne d'Arsac épousa en Mai 1647 Messire Jacques d'Aviau, chevalier, page de la Reine Mère. Il était frère de Louis, gouverneur du château de Loudun et cousin de Louise d'Aviau épouse de Jean II d'Armagnac, gouverneur du château et de la ville de Loudun.,
 
Se souvenant de cette alliance, deux siècles plus tard Henriette, Victoire Cantineau de Comacre, veuve de Gabriel d'Arsac, décédé à Londres en 1796, se trouvant sans descendance à la suite de la mort de son fils unique, fit don de la propriété à Marie d'Aviau de Piolant. Elle est encore dans les mains de la même famille.
 
Revenons un peu en arrière pour signaler que dans cette illustre demeure en 1722 naquit Charles-Henri d'Arsac, marquis de Ternay amiral de France, il fut tué le 15 Décembre 1780 par la marine anglaise au large de New-Port où il fut inhumé. Le Roi Louis XVI fit élever un monument au cimetière de cette ville sur lequel fut gravée une longue épitaphe relatant ses quarante-deux années de service au service de la France.
 
Au cours de la visite du château on peut voir de nombreux blasons, signalons simplement que celui des d'Arsac portait "de sable à l'aigle éployé d'argent, becqué et onglé de gueules" et celui des d'Aviau "de gueules au lion d'argent ayant la queue nouée, fourchée et passée au sautoir".
 
Malgré des modifications discutables dues en 1884 à l'architecte Ojam, le comblement partiel des douves, la destruction totale d'un magnifique pigeonnier on peut affirmer sans crainte de contradiction que le magistral ensemble de cet édifice surmonté d'une tour octogonale, la richesse sculpturale de la chapelle, le luxe sévère de cette belle demeure ne peuvent que ravir l'oeil et l'esprit de ceux qui viennent l’admirer.
 
                                                                                                Pierre DELAROCHE 
   
 


 
MOULIN DE MONTFORTON
 
Un des plus beaux moulins du Loudunais, si ce n'était le plus beau de tous. Il était encore en activité à la fin de la seconde guerre mondiale. Actuellement, ce magnifique moulin à vent, aux délicates ailes, les a perdues, ainsi que sa toiture : il est devenu un silos à grains.
 
 


 
LÉGENDES DE SAINT LANDAURE
 
Par une belle journée du printemps de 1227, un brillant cortège quittait le château de Curçay : ayant obtenu la soumission des seigneurs rebelles après deux bonnes semaines de laborieuses négociations dans les marais de la Dive, au lieudit la Charrière de Curçay, le jeune roi Louis IX, alors âgé de treize ans, et sa mère Blanche de Castille prenaient le chemin de leur bonne ville de Loudun, distante d'environ 2 lieues, d'où ils regagneraient Paris et le Louvre.
 
Presque à la même heure, à moins d'un quart de lieue de là, dans les bois de Ternay, à l'orée d'une clairière où cinq allées se joignaient, un jeune seigneur du nom de Humbert, arrivé à Curçay quinze jours plus tôt avec la suite royale, étant pendu haut et court à la branche maîtresse d'un chêne par ordre du Prévôt du Roi, pour avoir fait subir des violences à l'une des "filles de la Reine".
 
Tel était, du moins, le chef d'inculpation ayant motivé la condamnation, mais il semblerait que la vérité ait été sensiblement différente : dès le départ de Paris, le jeune Humbert se serait épris de l'une des demoiselles de haut rang qui formaient la Maison de la Reine et que l'on désignait sous le nom de "Filles de la Reine".
Comme la jeune personne n'était pas elle-même insensible au charme du beau jouvenceau qui la couvait des yeux, Humbert se rendit vite compte que ses sentiments étaient partagés et son amour ne fit que croître au cours du voyage. Le Long séjour à Curçay et des loisirs forcés allaient précipiter les choses : alors que les diplomates négociaient, les autres membres de la suite royale étaient en effet désoeuvrés et passaient la plus grande partie de leur temps en promenades dans la campagne environnante et, au cours de l'une d'elles, le couvert des bois de Ternay aidant, Humbert et la jeune élue de son coeur commirent le péché d'amour.
 
Mais un seigneur vint à passer ; ce que voyant, et bien qu'elle fût consentante, la "Fille de La Reine", oubliant son amour pour ne penser qu'à sa réputation et à son avenir, se mit, non sans vilenie, à crier et à appeler à l'aide comme si elle était victime de violences. Appréhendé sur l'heure, Humbert, dès son retour au château de Curçay, fut déféré devant le Prévôt du roi qui, peu après, rendait sa sentence et condamnait le coupable à être pendu pour félonie envers la Reine.
 
Telle est la tragique et véridique histoire du jeune et beau Humbert dont l'imagination populaire allait faire ce "Saint Lazare" qu'ignorent certes et l'Eglise et le calendrier, mais qui fut néanmoins, pendant plusieurs l'objet d'une véritable vénération dans le sud du Loudunais.
 
Si l'Histoire est muette sur ce qu'il advint après la pendaison, une solide tradition assure par contre que , dès le départ du cortège royal, le supplicié fut dépendu et ramené à la vie ; malheureusement, quoique bel et bien vivant, Humbert, légalement et civilement mort, ne pouvait revendiquer ni sa fortune ni ses fiefs, ce qui explique, sans doute, qu'il ait rapidement quitté la région pour s'en aller quérir sur ses terres au moins de quoi assurer sa subsistance, avant que la nouvelle de son trépas ignominieux y soit connue. Mais son départ n'avait rien de définitif et, moins de trois années plus tard, il revenait sous le nom de Landaure et sous les traits d'un saint ermite et s'installait dans un souterrain tout proche du lieu où il avait été naguère pendu ; vivant en ascète, se nourrissant de plantes et de fruits sauvages, ce Landaure faisait preuve d'une telle piété et d'un si grand esprit de pénitence que les gens du voisinage le vénéraient à l'égal d'un saint et venaient continuellement lui demander aide et conseils au petit oratoire qu'il avait bâti de ses mains presque a l'entrée de son souterrain ; après sa mort, sans consulter ni Rome, ni l'évêché, ni même les curés des paroisses proches, ils le canonisèrent purement et simplement et lui rendirent un véritable culte.
 
Ainsi la tradition, complétant l'Histoire, expliquerait la venue de Landaure en Loudunais et apporterait, du même coup, une conclusion somme toute assez plausible à la tragique aventure du jeune Humbert.
 
Pourtant, les choses ne sont pas aussi simples : une autre tradition, moins répandue et peut-être moins vraisemblable, attribue en effet à Landaure une origine totalement différente, encore que son nom véritable soit également Humbert, ce qui ne laisse pas d'être troublant. Je vous la livre donc sans rien modifier.
 
A diverses reprises, des bandes de brigands vécurent dans les bois de Ternay, nom loin des cinq routes, dans des souterrains d'où ils tançaient des expéditions de rapine et de pillage dans tous les environs et jusqu'aux faubourgs de Loudun. Leurs exactions et leurs méfaits devinrent tels que, si nous en croyons les archives de la ville de Loudun, les autorités finirent par s'émouvoir et qu'au terme d'une longue délibération le Conseil des Échevins décida de faire appel à la population civile pour prêter main-forte aux gens d'armes en vue de débarrasser la contrée de ces bandits.
On choisit, comme étant le plus sûr moyen de mener cette tâche à bien, d'enfumer les brigands dans leur tanière comme de vulgaires  renards, ce qui fut effectivement fait et purgea la région d'individus sans foi ni loi. Pourtant, leur chef, un certain Humbert, serait parvenu à s'échapper, mais touché par la grâce, serait revenu quelques temps après faire pénitence et vivre en ermite, sous le nom de Landaure, sur le lieu même de ses crimes.
 
Rien, bien évidemment, ne nous autorise à trancher et il est vraisemblable que nul ne saura jamais si Landaure fut le Humbert de la suite du roi Louis IX ou le Humbert chef des brigands des bois de Ternay, ou peut-être, tout simplement, un inconnu, séduit par la quiétude de nos bois, qui, sans révéler son nom véritable, vint un jour se retirer dans ces lieux propices au recueillement, à la méditation et à la prière.
 
Une chose semble en tout cas certaine : Landaure ne fut pas un être mythique né de l’imagination populaire, mais un homme de chair et d'os qui vécut bel et bien dans les bois de Ternay, et plus précisément dans l'un des souterrains, aujourd'hui à peu près inaccessibles, mais ci l'on pouvait encore pénétrer vers 1925.
Tous ceux qui les ont visités (dont un mien oncle qui, chaque année, "faisait du bois" dans les parages) ont dit avoir vu, non loin de l'entrée, une cavité en forme de mangeoire, creusée dans le roc et sensiblement de la longueur d'un homme, que les vieilles gens des alentours appelaient communément "lit de Saint Landaure", ce qui, bien sûr, ne saurait suffire à prouver l'existence de Landaure ; mais il y a plus et mieux : tout d'abord, l'entrée de ces souterrains, qui était encore facilement décelable il y a une douzaine d'années, se trouvait tout à côté de la base de murs à peu près rasés d'un petit oratoire connu sous le non de chapelle Saint-Landaure; d'autre part, il existe dans les archives de la ville de Loudun des documents indiquant que le toit de la chapelle de Saint-Landaure fut réparé en 1790 ou 1791 ; signalons aussi une annonce parue dans un numéro du Journal de Loudun de 1837, qui fait état d'une vente de bois au lieudit Chapelle de Saint-Landaure ; et puis comment ne pas ajouter foi aux multiples témoignages recueillis au début du siècle par Monsieur Charbonneau-Lassay auprès des personnes âgées habitant les fermes proches qui lui assurèrent toutes que "depuis toujours" on allait à la Chapelle de Saint-Landaure pour y vénérer et y prier celui qui guérissait les insomniaques (croyance naïve basée, semble-t-il, sur la seule sonorité du nom de Landaure devenu celui qui endort !) et faisait disparaître les maux de gorge. Nous avons enfin le témoignage de M. Moreau de la Ronde qui, en 1863, vit dans une ferme située entre Curçay et Ternay une statuette de 40 à 50 cm de haut dont on lui affirma qu'elle représentait Saint Landaure, revêtu d'une sorte de froc et portant une couronne d'épines.
 
La véritable sagesse ne serait-elle pas d'accepter ce que la tradition nous a transmis et d'admettre, ce qui d'ailleurs parait peu douteux, qu'il y a des siècles, dans les bois de Ternay, vécut un saint homme venu on ne sait d'où, dont les mérites et les vertus furent tels que, pendant sa vie, on l'honora comme un saint dont, après sa mort, ceux qui l'avaient connu et aimé lui donnèrent spontanément le titre.
 
                                                                                    Jacques DUMARTRAY. 
 
_________________
il n'y a pas des hiérarchies il n'y a que des differences


Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: Dim 3 Juin - 14:05 (2012)    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    BIEN VIVRE EN LOUDUNAIS Index du Forum -> LES QUATRE CANTONS -> CANTON DES TROIS MOUTIERS Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Index | Panneau d’administration | creer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com
Thème subSilver modifié par Caro