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Saix - Histoire

 
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pictavius
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MessagePosté le: Dim 3 Juin - 13:21 (2012)    Sujet du message: Saix - Histoire Répondre en citant

Un document dont la source est  : Société Historique du Pays de Loudunois




SAIX 
   
 
 
 
 
 
Origine du nom :
 
Le paroisse a connu des appellations, du moins des orthographes diverses à travers les siècles :
  • - Suedas (« Vie de Ste Radegonde » par Fortunat, VIe siècle)
  • - Gofredus de Seias, Seis, au XIIe siècle
  • - Seys, Ses, Sayes, Sois, Saes au XIIIe siècle
  • - Says, Seis au XVe siècle
  • - Enfin Saux et parfois Sais depuis le début du XVIe siècle

 
Commune formée de deux anciennes paroisses : Saix et Solomé qui faisaient partie de l’archiprêtré, de la châtellenie, du baillage et de l’élection de Loudun. La seigneurie de Saix, avec droit de haute Justice, appartenait à l’abbaye de Sainte-Croix de Poitiers. Jusqu’au 24 novembre 1819, date de son rattachement définitif à Saix, Solomé était une commune indépendante.
 
 
Légende :
 
Chaque année, au dimanche qui suit le 13 août, se tient à l’assemblée dite de Sainte Radegonde qui, en survivance d’une très ancienne tradition, est à la fois une fête religieuse et une fête profane.
 
L’histoire de Saix est liée au souvenir de Sainte Radegonde qui fonda, en 559 à Poitiers, le premier monastère de femmes (le fief de Pas-de-Loup fut longtemps rattaché à ce monastère), et au « Miracle des Avoines » (vitrail de l’église St Pierre de Loudun), dont la légende a commencé à se développer, selon toute vraisemblance, au treizième siècle.
 
Sources : le Picton n° 4, juillet / août 1977
 




 
FONTAINE SAINTE MARTHE :
 
Le hameau d’Eternes, dans la paroisse de Saix en Loudunois, possède une source autrefois réputée pour ses vertus curatives.
Cette fontaine, dites de Sainte Marthe, qui sourd en bordure du chemin de Saix à Roiffé, appartenait jadis au prieuré de Saint Ladre.
Elle était fréquentée par de nombreux malades atteints de maux d’yeux et notamment d’ophtalmies. Ils se lavaient les yeux avec l’eau bienfaisante dont ils emplissaient des flacons pour continuer la cure à domicile.
Cette pratique, bien qu’en désuétude, n’a pas totalement disparu à ce jour.
La fontaine et la chapelle du prieuré ont longtemps été le lieu d’un pèlerinage annuel.
L’oratoire primitif a fait place à un petit sanctuaire aujourd’hui inclus dans le domaine du château d’Eternes.
On notera que le Loudunais est riche en sources créditées par la tradition populaire du privilège de guérir les affections de la vue.
Nous citerons, entre autres, les fontaines de Saint Clair, Saint Mesmin, Sainte Radegonde de Marconnay.
On se rendait également en pèlerinage à la fontaine de Sainte Marthe pour invoquer la bénédiction du ciel sur  les fruits de la terre et solliciter, tout spécialement la pluie dans les temps de la sécheresse.
« La grand-mère de Mme Bouguier, du hameau de la Guerche, rapporte Mme Fournier dans on ouvrage sur la Médecine ancienne, se souvenait être allée en procession à cette fontaine (1850) pour demander la pluie qui fut obtenue par immersion du pied de la croix ».
 




 
LE MIRACLE DES AVOINES
------ (Saix, Vouillé, Bouresse, Ste Radegonde en Gâtine, Champagné-St-Hilaire, Le Verger-sur-Dive).
 
Le Miracle des Avoines est l’un des épisodes les plus populaires de la légende dorée de Sainte Radegonde.
Sa relation la plus ancienne se trouve dans un manuscrit du XIVe siècle (Paris B. N. fonds français n° 1784).
Selon ce récit, Radegonde épouse du roi Clotaire, s’était après son départ et sa consécration par Saint Médard, réfugiée dans sa villa de Saix, au nord de Loudun, avec ses compagnes Agnès et Disciole. A l’annonce de l’approche de son époux et de l’intention de celui-ci de la ramener à la cour, la reine s’enfuie à travers champs.
 
« A l’issue dudit lieu de Séez, poursuit le manuscrit, trouva la bonne dame ung laboureur qui semoyt de l’avoyne auquel elle dist :
“ Mon amy, si aucun te demande si tu as veu passer par cy aucune personne, répond fermement que dès le temps que tu semoys cette avoyne, homme ne femme n’est par icy passé ”.
Et par la volonté de Dieu, laditte avoyne en celle mesme heure fut crue si grande tellement que la sainte se mussa en icelle avec ses deux religieuses nommées l’une Agnès et l’autre Disciolle. Et tantost après, le roy Clotaire arriva audict lieu et demanda au laboureur si aucune personne il avait vu passer par là, qui lui dict que non, quand il semoyt ladicte avoyne. Lors le roy oye la response dudict laboureur et voyant le miracle fut plus émerveillé que jamais ; et de là s’en retourna, considérant qu’il estoit plus licite laisser sa propre espouse que d’offenser la divine clémence ».
 
Pour asseoir l’autorité de ce récit, on a tiré argument de ce que la fête de Sainte Radegonde aux avoines était déjà célébrée au XIIIe siècle, ainsi que le montre un office composé alors pour le bréviaire des religieuses de Sainte Croix.
 
A admettre que, ce qui est vraisemblable, que la légende soit antérieure de plusieurs siècles, il n’en reste pas moins que le miracle n’est relaté ni par Fortunat, ni par la moniale Baudonivie, ni par Grégoire de Tours qui ont, dans leurs écrits, abondamment traité des faits merveilleux se rattachant à la vie de la sainte.
 
Le silence de ces auteurs sur cet épisode a induit des historiens tels que Dom Fonteneau, Monseigneur Cousseau et l’abbé Auber à récuser l’authenticité de ce prétendu miracle et à le reléguer dans le domaine des légendes dorées.
Pour Dom Fonteneau, la fête traditionnelle du 28 février correspond à la célébration du retour à Poitiers des reliques de la Sainte transférées au IXe siècle à l’abbaye de Sainte Benoît de Quinçay pour les soustraire aux pillages des Normands.
Monseigneur Cousseau et l’abbé Auber voient dans le mot Avoines, anciennement Aveines, une variante du dialectal supposé venne qui aurait été dit pour venue. Ils en déduisent que la fête des avoines ou aveines serait en réalité celle de la venne ou venue de la Sainte à Poitiers.
 
Mr. De Fleury suggère que Sainte Radegonde aux avoines est une tradition erronée du latin Sancta Radegundis advenarum, Sainte Radegonde des étrangers, au motif que la pieuse reine était accueillante à ceux qui venaient chercher asile auprès d’elle.
 
Ces diverses interprétations sont trop conjoncturelles pour pouvoir être retenues.
On notera que Baudonivie a relaté l’angoisse de Radegonde à l’annonce des intentions de Clotaire, ses prières et ses mortifications, son recours à l’ermite Jean de Chinon.
 
Comment supposer que la moniale, biographe de la Sainte, eût passé sous silence un événement tel que le Miracle des Avoines, si celui-ci eût été alors à sa connaissance ? Cette émouvante légende, qui est l’un des plus beaux fleurons du bouquet mystique dédié par la ferveur populaire à la patronne de Poitiers a, de longue date, été associée au culte pieux rendu à cette dernière.
 
Dès le XIIIe siècle, on trouve le Miracle des Avoines commémoré le 28 février de chaque année à l’abbaye de Sainte Croix et à l’église Sainte Radegonde de Poitiers.
 
Plusieurs localités de la Vienne le revendiquent mais la priorité revient sans conteste à Saix, en Loudunois, pour la raison que le manuscrit du XIVe siècle relatant la légende situe celle-ci dans cette paroisse.
 
Au lieudit « le Champ Carré », où une tradition immémoriale place le miracle, s’élève une chapelle votive reconstruite en 1851 – 1857, et récemment restaurée, où est célébrée le 13 août une cérémonie religieuse suivie d’une procession. A la limite de la paroisse, près du château du Pas de Loup, se trouve la Fontaine de Sainte Radegonde où la Bonne Dame aimait à se reposer au cours de ses visites charitables.
 
Une autre version, connue sous le titre de Légende des Ajoncs fleuri, prend pour cadre la forêt de Scévole, près d’Angliers, au Sud de Loudun, et met en scène le Diable et une pie.
 
Vouillé se prévaut aussi du prodige qui aurait pour théâtre le hameau de Traversonne, dans le val de l’Auxance, au lieu-dit Champ-Dragon, ou Champ de Radegonde.
 
Bouresse, dans le canton de Lussac les Châteaux, Sainte Radegonde en Gâtine, dans le canton de Chauvigny, Champagné Saint Hilaire, dans le canton de Gençay, se flattent également de posséder leur champ du Miracle des Avoines.
 
Des historiens locaux ont vu dans ces prétentions diverses un souvenir lointain des voyages et des séjours de la Sainte Reine dans le Poitou.
 
 Certains ont même cru pouvoir s’autoriser de ces données pour dresser la carte de ses itinéraires.
 
Cette thèse, exacte quant à Saix, devient sujette à caution en ce qui concerne les autres localités.
 
On observera que celles-ci relevaient plus ou moins de l’abbaye de Sainte Croix et qu’elles étaient portées à se fonder sur ces liens pour rattacher leur histoire à celle de la fondatrice de ce monastère.
 
L’iconographie du Miracle des Avoines est peu abondante :
En voici le catalogue :
 
1) Miniature du Bréviaire d’Anne de Prie, abbesse de la Trinité à Poitiers (1480 – 1505).
2) Vitrail d’une des verrières de droite de la nef de l’église de Sainte Radegonde à Poitiers.
3) Vitrail de l’église Saint Pierre de Loudun.
4) Vitrail moderne de l’église d’Yversay.
5) Panneau de toile peinte de l’escalier de la bibliothèque municipale de Poitiers.
 


Nous donnons ci-après, un poème sur le Miracle des Avoines, publié en 1944 par la semaine Religieuse du diocèse de Poitiers.
 
Signé :                              R. M.
 
Références :
- Abbé Briand, Sainte Radegonde, reine de France, Oudin, 1898
- Abbé Aigrain, Sainte Radegonde, Lecoffre, 1924 ; pp. 63 et suivantes.
 
 
 

 
SAINTE RADEGONDE AUX AVOINES
 
Le ciel est gris et bas, Madame Radegonde
En sa maison de Saix, loin des vains bruits du monde,
Auprès de l’âtre assise, évoque le passé
D’un jour blafard d’hiver, la lueur triste et sale
Flotte sur le pavé luisant de la grand’salle
Qu’un balai de brande a gencé
 
Songeuse, elle revoit sa Thuringe lointaine
Les monts aux noirs sapins et la claire fontaine
Où s’abreuvaient le soir les cers set les chevreuils.
Elle revoit les près fleuris de blancs narcisses,
Les bouleaux argentés et les grands hêtres lisses
Où se jouaient les écureuils.
 
Elle berce un moment son deuil et sa navrance,
Au fugace rappel des jours de son enfance,
Du temps qu’elle ignorait l’humaine cruauté.
Elle habitait là-bas un haut bourg solitaire
Où son père, le juste et paisible Barthaire,
Sage, régnait avec bonté.
 
Petite, elle disait des légendes gothiques,
Des récits merveilleux et des contes antiques,
Et, la faisant alors sauter sur ses genoux,
Caressant, paternel, d’une main cajoleuse,
Ses longs cheveux d’or pur, à la clarté fumeuse
Des torches qu’on fixait aux clous.
 
Mais le bon roi mourut et la jeune princesse
Partit pour Scitingé, puissante forteresse
Que tenait sur l’Unstrutt son oncle Hermenefrid
Ce fut en ce château que la noble orpheline
Sentit naître et grandir sa tendresse enfantine
Pour son cousin Amalafrid
 
Or le dessein que Dieu fondait sur sa servante
Devait bientôt changer l’idylle en épouvante,
Lorsque parut Clotaire avec ses guerriers francs,
Scithingé, qu’il brûla, fut livrée au pillage
Et les murs calcinés, tout souillés de carnage,
Ensevelirent les mourants.
 
Dans le camp, les soudards ont marié Radegonde
Leur chef a remarqué la vierge pudibonde.
Il se choisit déjà le précieux butin
Et son avide main que changent tant de crimes,
Sa main qui ne sait plus le nom de ses victimes
Tremble sous le géant byzantin.
 
Mais l’enfant lui parait encore fragile et tendre,
C’est pourquoi le barbare a décidé d’attendre
Que mûrit le fruit  vert sous le soleil d’été.
Il va cacher sa proie au sein d’un grand domaine
Et surveille, jaloux, l’éclosion prochaine
De cette fleur de pureté.
 
Au bout de quelques ans, mourut la reine Ingronde.
Le roi veuf put alors épouser Radegonde,
Et parer sa beauté du lourd manteau royal.
La princesse à l’autel laissa couler des larmes
Quand son rude seigneur, devant la troupe en armes.
Lui remit l’anneau nuptial.
 
Cependant, à la cour, la jeune souveraine
Etonnait ses brutaux par sa vertu sereine.
Son aimable douceur, sa vive piété.
Mais le monstre toujours sommeillait en Clotaire.
De Radegonde, hélas, il fit périr le frère,
Et le corps aux chiens fut jeté.
 
Dès que la reine apprend la forfait exécrable,
Elle fuit à Noyon, cherche un bras secourable,
Et l’évêque Médard, l’accueillant au saint-lieu,
La calme, la console et l’exhorte au courage.
C’est alors qu’inspiré par un divin message,
Le prêtre la consacra à Dieu.
 
Et le rite achevé, la simple moniale
Dispense aux malheureux de sa main libérale
Ses manteaux, ses bijoux, ses précieux atouts,
Déposant sur l’autel ses pierres, ses parures,
La pourpre et les émaux, l’or fin de ses ceintures,
Et le brocart et le velours.
 
 


 
Extrait de l’histoire générale du Poitou (chanoine Auber) :
Page 403, vers l’année 544 (livre V) :
 
Clotaire possédait à l’extrémité Nord du Poitou une terre considérable dépendante d’une de ses villas et choisie dans un des sites les plus riants de l’Aquitaine. C’était la terre de Sais. De grands bois, de belles sources en faisaient un séjour tranquille et agréable. Le roi, nous l’avons vu, venait d’en faire la propriété de Radegonde, et c’est là que naturellement celle-ci résolut de trouver une retraite. Elle s’éloignait ainsi du voisinage de Soissons et de la cour qui s’y agitait. Ce refuge avait d’ailleurs pour son âme un attrait que beaucoup d’autres n’auraient pas eu : tout y était plein des récents souvenirs de Saint Hilaire et de Saint Martin. Donc, en quittant les bords de l’Aisne, elle se dirigea vers Tours, qu’elle gagna par la Loire, et s’y arrêta d’autant plus longtemps qu’elle y trouva la pieuse reine Clotilde qui s’y était retirée et s’appliquait auprès du tombeau du thaumaturge des Gaules à effacer par ses prières et sa pénitence les crimes de ses enfants, sujets pour elle d’une si profonde douleur. Les âmes qui pleurent des malheurs communs comprennent mieux leurs amertumes mutuelles : et combien se devaient comprendre ces deux grandes reines qui ne l’avaient été que par une couronne d’épines.
Après avoir laissé de larges générosités à la basilique de Saint Martin, Radegonde y ajouta la maison qu’elle avait habitée à Tours et y fonda un monastère d’hommes qui, vers 1203, devait être érigé en paroisse sous le nom de Sainte Croix ; puis elle reprit son voyage. Elle s’arrêta encore à Candes, où Saint Martin avait rendu le dernier soupir ; elle y pria avec ferveur, et n’étant plus éloignée que de deux lieues du terme de son pèlerinage, elle arriva enfin dans cette chère solitude où, n’ayant plus d’entraves, elle put se livrer à la contemplation des choses éternelles. Là elle se priva entièrement de l’usage de la viande, du poisson, des œufs et des fruits : ainsi elle commença sa vie de charité et de pénitence qui lui faisait préférer à toutes les œuvres  le soin des aveugles et des lépreux, qu’elle aimait à conduire et à panser de ses propres mains. Ce fut la prélude de sa vie religieuse et l’édification de tout le pays.
Elle demeura ainsi quatre ou cinq ans dans ces religieuses habitudes de perfection pour elle-même, et de charité active pour le prochain. Sa paix n’était troublée en rien dans ce réduit où le bruit des capitales ne parvenait jamais. Et cependant elle n’était pas encore dans les desseins de Dieu, qui la voulait ailleurs.
Quand elle pensait le moins à de nouvelles épreuves, elle en vit survenir d’autres au-milieu de son abandon héroïque d’elle-même. Clotaire, qu’elle avait bien jugé, eut une pensée de retour vers elle, et voulut la ravoir, par une des ces contradictions dont cette capricieuse nature était seule capable.
Epouvantée de ce dessein qu’elle apprit bientôt, la pieuse recluse eut recours à la prière, redoubla ses mortifications, et fut consolée en apprenant d’un saint homme nommé Jean, qui vivait dans une solitude absolue près de Chinon, que Dieu dissiperait cette tempête, et que le roi renoncerait à son projet. Toutefois, ayant entendu dire que le prince devait venir en Poitou, où il possédait d’autres terres, elle craignit qu’il ne lui prit envie de la voir à Sais, et s’enfuit avec quelques unes de ses femmes vers Poitiers, où la basilique de Saint Hilaire pouvait lui offrir un asile inviolable. (Voir note) Ce départ eut lieu le 28 février 545. La sainte était demeurée plus d’un an dans sa solitude, toute embaumée quand elle la quitta, des douves vertus dont elle avait donné l’exemple, au milieu d’un peuple aussi émerveillé de sa piété que reconnaissant de ses bienfaits.
Quand la saint  femme arriva à Poitiers, Saint Pient en était déjà le premier pasteur. Il dut succéder à Daniel entre l’an 540 où nos traditions prétendent qu’il siégea parmi les Pères du quatrième concile d’Orléans, et cette année 545 où nous le voyons accueillir sainte Radegonde avec les sentiments d’un respect affectueux et dévoué que la suite ne démentit pas. L’identité de son nom avec une Pientia dont l’épitaphe datant de la même époque fut trouvée récemment dans l’ancien cimetière de Civaux, indiquerait peut-être entre eux des liens de famille et d’égales dispositions à la piété chrétienne. Au reste, il était, dit-on, fils d’un des Coustres ou gardiens de l’église cathédrale. C’était alors, et depuis longtemps, une charge inférieure destinée à seconder les fonctions secondaires des diacres. Ils veillaient donc aux soins des choses de l’église, à la bonne tenue des fonts et de la sacristie. Enfin ils avaient la garde des reliques, pour quoi on leur donnait le nom de Martyrarii. Ces fonctionnaires n’étaient revêtus d’aucun ordre sacré et pouvaient donc se marier. Le jeune homme  avait été admis à son tour et s’était vu élevé peu à peu au suprême rang par son mérite et sa piété. Pendant qu’il gouvernait avec d’autant plus de zèle que de sagesse son diocèse qui s’étendait de l’Océan à la Touraine et du Berry au Limousin, le Poitou avait pour duc un certain Austrapius qui jouissait de toute la confiance de Clotaire…… etc…
 
 
 
Note de l’abbé Auber au sujet du Miracle des Avoines, page 442 (livre V) :
C’est dans ce trajet que serait arrivé ce que le peuple du pays a nommé, le Miracle des Avoines.  On racontait qu’à une petite distance de Saix, Sainte Radegonde sentant que le roi la suivait de près, avait prié un laboureur rencontré dans un champ voisin de la route de dire, si le roi s’informait à lui de son passage, qu’il n’avait vu personne depuis qu’il avait ensemencé son champ, et aussitôt la sainte fugitive obtenait de Dieu que l’avoine ensemencée en ce moment même crût et s’élevât de manière à lui former un abri où elle fut soustraite aux recherches. Le roi n’aurait pu méconnaître ce qu’avait de merveilleux un champ d’avoine déjà mûr dans la saison où il aurait été à peine semé, et reconnaissant à cela la volonté manifeste de Dieu, aurait abandonné sa poursuite ce qui laissait à Radegonde la liberté d’arriver à Poitiers.
 
Ce fait, une fois vulgarisé, devint très populaire. Il fut longtemps l’objet d’une fête célébrée dans la collégiale, et très chère au peuple de Potiers, qui persiste à l’appeler encore du nom de Sainet Radegonde des Avoines . Aujourd’hui, quand on a pu être mieux éclairé sur le fond de l’histoire, la fête qui se célèbre sous ce nom le 28 février n’est autre que celle de l’arrivée de la sainte à Poitiers, de adventu, qu’on aura copié de avenis, dans quelque ancien manuscrit. Observons encore qu’à une certaine époque de notre langue, le peuple, au lieu de dire l’arrivée, disait la venue, ce qui explique encore mieux l’équivoque. Il est certain que l’Office qui se faisait dans l’ancien Chapitre de Saint Radegonde, et à présent encore dans la paroisse au dimanche qui suit le 28 février, ne mentionne plus en rien le miracle des avoines.
 
On montre encore, non loin de Saix, et sur le chemin de Poitiers, un emplacement qu’on appelle le Champ-Carré, la dévotion populaire y est attirée par une chapelle, en souvenir su fait raconté plus haut, et qui, relevée en 1853 par Mr Bruneau curé de Saix, fut bénite le 25 avril par l’évêque de Poitiers en tournée pastorale.
 
La légende de Sainte Radegonde des Avoines a eu en d’autres lieux son attribution à la sainte Vierge. Un vitrail de l’église de Tilloloy (Somme), dû à Bléville de Saint Quentin, au XVIe siècle, représente un fait analogue : c’est la pousse miraculeuse des blés lors de la fuite en Egypte. « La sainte famille était poursuivie par les soldats d’Hérode, Saint Joseph fait croître instantanément la semence qu’un villageois vient de confier à la terre. Les hommes d’armes arrivent et demandent au laboureur s’il n’a point vu passer une femme portant un enfant. Celui-ci, tout émerveillé du miracle qui vient de s’accomplir, répond qu’il s’apprête à récolter. Les satellites déroutés rebroussent chemin et l’Enfant Jésus est sauvé ».
Il s’agit de savoir quelle légende a servi de type à l’autre. On pourrait croire que celle où figure Sainte Radegonde est la plus ancienne, et certainement elle est bien antérieure au vitrail qui la représente. Reste à savoir si cette dernière ne vient pas de quelque tradition de la Palestine dont nous aurions perdu la trace, et qu’on aura appliquée à la sainte du Poitou.
_________________
il n'y a pas des hiérarchies il n'y a que des differences


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MessagePosté le: Dim 3 Juin - 13:21 (2012)    Sujet du message: Publicité

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