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Une tornade traverse le Loudunais et dévaste Ceaux-en-Loudun

 
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pictavius
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MessagePosté le: Jeu 4 Oct - 23:34 (2012)    Sujet du message: Une tornade traverse le Loudunais et dévaste Ceaux-en-Loudun Répondre en citant

Le 18 juin 1863, une trombe traversa la région de Loudun, on l'appelle la trombe de Ceaux-en-Loudun, car c'est à Ceaux qu'elle fit le plus de dégâts.

Cette trombe a été classée d'intensité F4 dans l'échelle Fujita, (le maximum étant F5), dans l'histoire connue des trombes et tornades en France, seulement une petite dizaine de trombes sont répertoriées au niveau F4 et F5.
Et quand on voit les vidéos du Net liées aux trombes et tornades de type F4...


Dans un premier temps, les informations données par la presse locale, et aussi nationale (un seul journal Parisien). Puis par les sociétés scientifiques, composées de d'érudits dans les
phénomènes météos, comme Edme Hippolyte Marié-Davy (1820-1893).
On a des comptes rendus des travaux de ces érudits dans des revues du 19e siècle. Certains ont dû aller sur le terrain recueillir des témoignages, examiner les dégâts, etc... Il existe une gravure.


LA PRESSE - On a souvent le même article dans tous les journaux, presque mot à mot, il faut savoir que l'AFP a été créée en 1835.

La presse locale : archives de la vienne

Dans le Journal de la Vienne du 22 juin 1863 (page 38 ) on évoque brièvement une trombe de vent :
Vendredi dernier, vers 6 h. du soir, une trombe de vent a parcouru, sur une largeur qui varie de 50 à 200 mètres, les communes de Moncontour, Saint-Clair, Martaizé, Angliers, Le Bouchet, Claunay, Maulay, Messemé, Ceaux.
Les dégâts causés sont incalculables, les arbres, les murs, des maisons, qui se trouvaient sur son passage, ont été enlevés, à Ceaux, l'église ne présente plus qu'un monceau de décombres.
On est assez heureux pour n'avoir aucune mort à déplorer.


Dans le Journal de la Vienne du 23 juin 1863 (page 40, gauche)
Nous trouvons dans le Journal de Loudun des détails navrants sur les effets produits par l'ouragan qui a saccagé, jeudi dernier, plusieurs communes de l'arrondissement :
Le 18 au soir, à cinq heures du soir, après un temps orageux qui s'était manifesté, pendant toute la journée, par de fréquentes averses entremêlées d'éclairs et de coups de tonnerre, un phénomène,
heureusement fors rare, et qui, de mémoire d'homme, ne s'était pas fait voir dans nos contrées, a produit des conséquences désastreuses dans diverses communes, et notamment dans celles du Bouchet, de Claunay et de Ceaux.
Par suite du choc de deux vents opposés, l'un venant du Sud-Est, et l'autre du Nord-Ouest, un tourbillon s'est formé sur le territoire de la commune d'Angliers, à une distance d'environ un kilomètre de ce village,
dans les abords de la grande route de Loudun à Poitiers. Ce tourbillon, qui ne paraissait d'abord formé que de poussière, s'est mis en marche en aspirant toutes les flaques d'eau qui se trouvaient sur son passage, ainsi que l'eau des
ruisseaux qu'il traversait ; peu à peu il a gagné en élévation jusqu'à se mettre en contact avec un gros nuage noir qui se trouvait au-dessus à une hauteur environ de 200 mètres.
Alors il a pris la forme d'un entonnoir, ou pour mieux dire d'un cône renversé, et est devenu une trombe analogue à celles qui se forment sur la mer pendant les tempêtes.
Elle allait dans la direction du Sud-Est au Nord-Ouest, mais en suivant une marche irrégulière, entrecoupée par de nombreux détours, déracinant et renversant, malgré leur grosseur, une partie
des arbres qui se trouvaient sur son parcours, cassant et tordant les arbres à des hauteurs inégales.
Après avoir ainsi porté la dévastation sur de grandes étendues de terrain appartenant à MM. Urbain Lechambre, Poyez, Eugène Richard et divers autres particuliers, la terrible
météore a traversé des prairies en éparpillant des meules de foin sans qu'on ait pu en retrouver la moindre trace ; a démoli et enlevé la toiture du moulin à vent de Grigny,
a traversé le village de Roche-Rigault, situé sur le grand chemin de Loudun à Monts, où il a causé des dégâts considérables en renversant des pans de murs entiers, ainsi que les
couvertures de plusieurs maisons, et arrachant des arbres fruitiers de grandes dimensions.
Il s'est dirigé ensuite vers la vallée du ruisseau de Claunay, culbutant dans sa marche dévastatrice une allée de gros noyers appartenant à M. Loury, puis est allé du côté de Claunay et de Ceaux.
Dans cette dernière commune surtout, il a exercé les plus grands ravages ; plusieurs maisons  ont été emportées, l'église détruite de fond en comble, n'offre plus qu'un monceau de ruines et de décombres.
On dit même qu'un jeune homme, occupé à quelques travaux agricoles dans la cour d'une ferme, aurait été enlevé à plusieurs mètres de hauteur par la terrible bourrasque et jeté par-dessus la toiture
d'une grange dans le jardin d'un voisin ; il en a été quitte pour la peur et quelques égratignures à la figure. On ne peut connaître encore la valeur des dommages commis dans ces deux communes ;
quant à ceux qui ont eu lieu dans la commune du Bouchet, on peut les évaluer hardiment à plusieurs milliers de francs.
Le diamètre de cette trombe, dans la partie qui communiquait avec le sol, pouvait être d'une centaine de mètres au moins, et le bruit effrayant qu'elle produisait dans sa course
furibonde ne peut guère être comparé qu'à celui que feraient plusieurs chariots pesamment chargés, roulant à toute vitesse sur un chemin caillouteux.



Le 24 juin 1863 le Journal de la Vienne (pas retrouvé la page), article qui est aussi dans le Courrier de la Vienne et des Deux-Sèvres du samedi 27 juin (page 48 ) :
Le département de la vienne n'a pas seul été victime des fureurs de l'ouragan du 18.
Voici ce que nous lisons dans le Journal d'Indre et Loire :
« Jeudi soir, vers six heures, un sombre et épais nuage, qui portait dans ses flancs l'orage, la grêle et la tempête, est venu fondre sur la commune de Saint-Épain. Nous ne parlerons
pas ici des dégâts occasionnés par la grêle, ils sont malheureusement très considérables.
Ce que nous voulons spécialement faire connaître, c'est que ce nuage sombre venant de l'ouest en rencontra un autre non moins sombre venant de l'est, et le choc de ces deux nuages
électrisés donne naissance à un de ses phénomènes physiques dont les effets sont parfois si désastreux : nous voulons parler de la trombe.
Cette trombe menaçante apparut soudain aux yeux de nos villageois consternés sous la forme d'une épaisse colonne de feu et de fumée s'élevant en tourbillon de la terre jusqu'aux nuages.
Elle commença sa marche dévastatrice dans un petit village appelé Galisson ; là elle renversa entièrement plusieurs maisons, laissant sans salle et sans abri de pauvres familles qui
durent chercher ailleurs un refuge et une demeure. Un peu plus loin, au Petit-Mont, elle enleva le toit de la ferme et laissa presque à découvert plusieurs autres bâtiments. Sortant de là, l'affreux tourbillon gagna la plaine.
Or, rien en ce moment ne pourrait rendre l'aspect sinistré et lugubre du ciel ; aussi les habitants du village voisin fuyaient-ils devant le fléau, saisis d'épouvante et éperdus.
Pendant un parcours de plus de 3 kilomètres, la trombe brisa, renversa tout sur son passage ; elle déracina les arbres les plus forts, les enleva en l'air comme des feuilles légères en entraîna quelques uns à une grande distance.
Enfin, après cette course qui laissait après elle tant de désastres et tant de ruines elle vint fondre sur le parc de Montgoger, où elle fit son entrée en renversant plus de 20 mètres de la clôture d'enceinte ;
puis au milieu de ces arbres séculaires qui avaient résisté à tous les orages et aux tempêtes, elle exerça ses plus affreux ravages et se dissipa.

Le lendemain, Mme la comtesse de la Villarmois et moi, nous allâmes voir tous ces dégâts.
Arrivés sur le lieu de passage de l'ouragan, nous vîmes quelque chose de triste, mais aussi de bizarre, et de curieux à la fois :
Ici, les sapins à la cime altière étaient brisés, les plus beaux arbres dépouillés de leur feuillages ou de leurs branches ; là, les chênes les plus vigoureux étaient tordus, déracinés et offraient
le plus singulier aspect. Et, chose plus étrange encore, nous vîmes dans ce parc dévasté, un gros arbre à fruits que l'ouragan y avait transporté d'un village éloigné, après lui avoir fait escalader une muraille élevée.»



Le jeudi 25 juin 1863 (page 44), le Journal de la Vienne relate le phénomène comme dans le Petit Journal du 28 juin 1863 (mot à mot), en commençant par :
Nous recevons les détails suivants sur la trombe dont nous avons parlé dans notre numéro du 22 courant.
C'est jeudi 18, et non vendredi, comme nous l'avons imprimé par erreur, que ce météore a été observé.
Suit le même discours que dans le Petit Journal.


Le jeudi 25 juin Le Courrier de la Vienne et des Deux-Sèvres écrit (page 44) :
On a le même article que le Journal de la Vienne du 23 juin 1863 (page 40, gauche)



Le vendredi 26 juin Le Courrier de la Vienne et des Deux-Sèvres écrit (page 46) :
Les météorologistes affirment que, cette année, nous aurons des chaleurs exceptionnelles.
C'est possible. Dans tous les cas, il est un conseil bon à renouveler, et sur lequel nous appelons toute la vigilance des autorités locales aussi bien que des particuliers.
Nous voulons parler du danger de ne pas enfouir assez profondément, quelquefois même pas du tout, les animaux morts et les intestins de ceux qui ont été abattus.
Dans les grandes chaleurs, ces matières animales entre rapidement en décomposition, et les mouches les affectionnent, y puisant un virus qu'elles vont ensuite inoculer aux hommes, comme aux bestiaux.
A l'appui de cette observation, les journaux nous ont appris qu'en deux jours deux personnes ont succombé par suite de piqûres charbonneuses contre lesquelles les soins des meilleurs médecins ont été sans résultats.
Suis un conseil aux nageurs, à cause de morts accidentelles. Conseil par rapport :
Aux plantes aquatiques. La façon de faire la planche (parfois il vaut mieux rester sur le ventre).
Aux tourbillons, aux crampes, etc...


Le samedi 27 juin Le Courrier de la Vienne et des Deux-Sèvres écrit (page 48 ) :
La trombe au sujet de laquelle un honorable correspondant de la Vienne nous a transmis d'intéressants détails que nous avons publiés dans un de nos derniers numéros,
a étendu des ravages sur la Touraine. On lit dans le journal d'Indre et Loire :

Même article que le Journal de la Vienne du 24 juin 1863



LE PETIT JOURNAL - 28 juin 1863 - Trombe dans le Loudunais
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k588260t/f1.image.r=loudun.langFR

Une trombe, dans la soirée de jeudi 18 juin, a parcouru, en les ravageant, plusieurs localités de l'arrondissement de Loudun.
La journée avait été très chaude, et vers les six heures du soir, un orage éclatait sur l'arrondissement de Loudun, qu'il traversait, du sud-ouest au nord-est. La trombe, dont le parcours était parallèle à celui de l'orage, s'est formée
sur la droite et à quelque distance de la nuée ; elle paraît avoir pris naissance dans les plaines voisines d'Angliers. A ce moment, observée de fort loin par des personnes placées près du bourg de Saire, elle ressemblait, disent
ces personnes, à un serpent gigantesque, soit que cette forme fut l'effet d'un mouvement giratoire, soit qu'elle fût due a des affaissements et à des exhaussements successifs qui se sont reproduits plus loin.
Une fois formée, la trombe, traversant la plaine d'Angliers, prenait sa direction vers le village de la Roche-Rigault. Dans cette partie de son trajet, elle offrait aux personnes placées
sur les côtes de Monts l'apparence d'une immense colonne nébuleuse, au milieu de laquelle on apercevait l'ascension et la chute des objets qu'elle rencontrait dans sa marche.
Si l'on en juge par les traces de son passage, c'est vers la Roche-Rigault qu'elle paraît avoir acquis toute sa puissance. Cependant, elle éprouvait une défaillance et un affadissement
presque complets en passant du plateau de la Roche-Rigault dans la petite vallée de la rivière, située entre le bourg de Maulay et celui de Claunay.

De nombreux spectateurs qui, des hauteurs de Maulay, la voyaient approcher avec une anxiété facile à comprendre, crurent un instant qu'elle était évanouie ; mais presque aussitôt ils furent frappés d'une terreur indicible, et qui, chez quelques-uns, allait jusqu'au désespoir, en la voyant se relever tout à coup comme un immense jet de vapeur, passer à quelques centaines de mètres, renversant et enlevant à une hauteur considérable tout ce qui se trouvait sur son passage, rester pendant quelques minutes dans une apparente immobilité, et continuer enfin sa marche vers le bourg de Ceaux, où elle devait causer ses derniers ravages.

Au-delà de Ceaux, la colonne diminuait rapidement de volume, s'amincissant surtout vers le milieu de la hauteur, et ne tardait pas à disparaître, après un parcours de 15 à 20 kilomètres en ligne indécise et ondulée,
suivant quelques personnes dans sa première partie, mais certainement en ligne parfaitement droite depuis la Roche-Rigault jusqu'à Ceaux.
Sa direction très précise était du sud-ouest au nord-est, ainsi qu'il est d'ailleurs facile de le reconnaître en jetant les yeux sur la carte et en observant la situation d'Angliers, de la Roche-Rigault et de Ceaux, qui jalonnent son trajet.
On se ferait difficilement une idée exacte des effets produits par ce météore, surtout dans la dernière moitié de son parcours.
Plusieurs maisons de la Roche-Rigault ont été en partie renversées, l'omnibus de Châtellerault à Loudun qui traversait,  quelques heures après, ce village, n'a pu qu'avec peine, et non sans quelque danger se frayer un passage à travers les décombres.

Les maisons de la Perrière et de la Rivière ont été transformées en ruines ; la jolie touffe de vieux chênes qui ombrageait cette dernière a complètement disparu.

A Ceaux, le clocher a été renversé ; la toiture et la charpente de l'église ont été enlevées est sont retombées à terre de telle sorte que, par suite d'un renversement complet, la charpente s'est trouvée sur la toiture.
La cure neuve, où le desservant avait commencé à s'installer, a été dévastée. La maison du maires s'est écroulée.

Entre la Rivière et Ceaux, portion de pays très plantée, le. passage de la trombe se manifeste à travers les arbres par une trouée de 4 à 5 kilomètres de longueur sur une largeur
moyenne de 200 mètres. Sur cette bande de terre il n'existe presque aucun arbre qui n'ait été arraché ou brisé.
Des champs de blé n'ont plus d'épis ; d'autres sont aussi aplatis que s'ils avaient été soumis à la pression d'un rouleau. On trouve des noyers de première grosseur qui, enlevés par
la trombe, ont été rejetés à plus de 100 mètres mutilés et dépouillés de toutes leurs branches entraînées à des distances bien plus considérables. On dirait que les arbres les plus gros
étaient ceux dont la trombe s'emparait avec le plus de facilité.
Un jeune homme habitant les environs de la Roche-Rigault, nommé Georget, allait faucher quand il a été surpris parle météore ; il avait sa faux sur son épaule et son baril dans sa main.
Enlevé à une assez grande hauteur, il s'est trouvé transporté à une assez grande distance, debout, mais le corps et surtout le visage meurtris par les branches qui avaient partagé son voyage aérien.
Son émotion, bien naturelle assurément, était si grande, qu'à la suite de cette commotion, il est resté, pendant un temps qu'il ne peut préciser, dans un état de torpeur voisin de l'évanouissement.
Sa faux a disparu ; son baril n'a été retrouvé que très loin de l'accident.
Un autre homme, lancé contre un mur, a eu le bras fracturé.
On doit se réjouir et s'étonner qu'il n'y ait pas eu d'autres victimes.
Espérons, ami lecteur, que nous ne finirons pas d'une manière aussi sombre la fois prochaine, l'article que nous aurons le plaisir de vous adresser.
Charles



Les réactions des spécialistes, les sociétés dites savantes, etc...

Le phénomène des tornades et des trombes est résumé ici :
http://membres.multimania.fr/oberontempest/dossiers/les_tornades_en_france.…

Notre tornade (ce serait plutôt une trombe) est dans la liste des 11 trombes F4, notre trombe a comme référence Marié-Davy :
Il s'agit de Edme Hippolyte Marié-Davy (1820-1893), astronome à l'Observatoire de Paris, il a écrit :
Les mouvements de l'atmosphère et des mers, considérés au point de vue de la prévision du temps (1866) :

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k951725

Les trombes sont à la page 384 et à la page 389 la trombe de Ceaux est décrite :
Malgré l'extrême exiguïté de leur cercle d'action comparé à celui des cyclones, les trombes acquièrent souvent une violence extraordinaire due à l'énergie de l'appel central produit par les actions électriques.
Le 18 juin 1865, plusieurs localités de l'arrondissement de Loudun (Vienne) ont été ravagées par un de ces dangereux météores.
A Ceaux, le clocher a été renversé, la toiture et la charpente de l'église ont été enlevés et sont retombés à terre de telle sorte que la charpente s'est retrouvée sur la toiture ; entre la Rivière et Ceaux, portion de pays très boisée,
le passage de la trombe a été marqué par une trouée de 4 à 5 kilomètres de longueur sur une largeur moyenne de 200 mètres; de gros noyers ont été enlevés et transportés à plus de 100 mètres.
Les effets sont encore plus effroyables dans les pays chauds où l'activité des phénomènes électriques est plus grande que dans nos pays tempérés.
Les trombes peuvent se former sur mer comme sur terre ; elles y sont même assez fréquentes.
De petits bâtiments peuvent être submergés par elles ; les plus gros peuvent en éprouver des avaries ; mais le faible diamètre du météore et la lenteur de sa translation font qu'on passe rarement dans son cercle d'action ; par contre, il est peu de navigateurs qui n'en aient vu se former.
L'ascension d'une colonne d'air fortement échauffée à la surface du sol peut produire des effets gyratoires analogues à ceux manifestés dans les trombes ; mais la faiblesse du mouvement primitif entraîne celle du mouvement secondaire.
C'est à cette cause, peut-être, qu'il faut rattacher les colonnes d'air que l'on voit tourbillonner quelquefois dans une atmosphère calme pendant les jours les plus chauds de l'été.
Elles se soutiennent quelques minutes à peine en soulevant un peu de poussière. Leur durée éphémère montre que leur cause est purement accidentelle et transitoire.
Le sens de leur rotation a été peu observé ; pour quelques-unes, il semblerait inverse à celui des tourbillons de notre hémisphère, ce qui les classerait parmi les rotations accidentellement produites à la surface de séparation
de deux courants d'air doués d'inégales vitesses.
Au reste, le calme qui règne souvent en été dans les régions inférieures de l'atmosphère n'implique pas nécessairement un calme semblable dans les régions moyennes.
Il arrive quelquefois que les hantes vergues d'un navire sont brusquement fouettées par une forte brise, alors qu'à la surface de l'eau l'air est calme.
Ces brises folles, dues à des inégalités dans les températures de l'air, suffisent à produire les mouvements tournants irréguliers que l'on remarquerait dans la saison chaude.


Outre Edme Hippolyte Marié-Davy (1820-1893), nous avons Arthur Mangin (1824-1887)
Arthur Mangin a écrit : Les Savants illustres de la France : avec un appendice comprenant l'histoire abrégée de la science et des savants pendant les trois derniers siècles.
Ici la belle histoire de D'Alembert : http://dalembert.obspm.fr/mangin.php

Ernest Amédée Barthélemy Mouchez est aussi cité :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Amédée_Mouchez


Notre trombe est aussi décrite dans l'ouvrage : L'air et le monde par Arthur Mangin, il y a plusieurs éditions.

L'air et le monde (4e édition) par Arthur Mangin - 1884
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62169354/f191
Mais la 3e édition (pourtant plus ancienne), donne plus de détails sur le lieu :

L'air et le monde (3e édition entièrement refondue d'après les travaux scientifiques les plus récents) par Arthur Mangin - 1877
Page 312, avec une gravure
page 313, mais de mauvaise qualité (voir plus loin)
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5497352c/f315.

Plus récemment (le 18 juin 1863), une trombe a parcouru et ravagé plusieurs communes des environs de Loudun.
A la suite d'une journée très-chaude, un orage éclatait, vers six heures du soir, sur l'arrondissement dont cette ville est le chef-lieu.
Presque aussitôt une trombe se forma au-dessus des plaines d'Angliers, à droite de l'orage, dont elle suivit parallèlement la marche.
« Elle ressemblait, dit la relation publiée par le Journal de la Vienne, à un serpent gigantesque ou bien à une colonne torse, dont les ondulations étaient dues probablement au mouvement gyratoire dont le météore était animé.
Elle franchit d'abord la distance qui sépare Angliers de la Roche-Rigault, et atteignit à ce dernier point toute sa puissance.
En passant du plateau de la Roche-Rigault dans la petite vallée de la Rivière, entre Maulay et Chaunay, elle éprouva un affaissement soudain.
Les nombreux spectateurs qui, du haut des collines de Maulay, suivaient sa marche avec une anxiété fiévreuse, crurent alors qu'elle s'était évanouie ;
mais ils la virent bientôt, avec une inexprimable terreur, se relever semblable à un immense jet de fumée, passer à quelques centaines de mètres de l'endroit où ils se trouvaient,
enlever et renverser tout ce qui s'offrait sur son passage, puis rester quelques instants comme immobile, pour reprendre ensuite, sa marche vers le bourg de Ceaux, où elle exerça ses derniers ravages. »

Déjà, à la Roche-Rigault, des maisons avaient été détruites ; les villages de la Perrière et de la Rivière avaient été réduits en ruines ; un bouquet, de vieux chênes, qui ombrageait la vallée de la Rivière,
avait été cueilli par le météore comme une touffe d'herbe par la main d'un homme. A Ceaux, le clocher fut renversé ; la toiture de l'église et sa charpente furent enlevées, retournées et jetées à terre.
Le presbytère fut en partie démoli ; la maison du maire s'écroula.
La trombe marqua son passage par une trouée de quatre à cinq kilomètres de longueur dans les bois qui s'étendent entre la Rivière et Ceaux.
Des champs de blé furent entièrement rasés ; de grands noyers furent ébranlés, dépouillés de leur feuillage, déracinés enfin, et transportés à plus de cent mètres.
Un jeune homme de la Roche-Rigault s'en allait faucher son champ, lorsqu'il fut surpris par la trombe, qui l'enleva à une assez grande hauteur, et le rejeta sur le sol, tout meurtri par les branches d'arbres
qu'elle emportait avec elle. Le pauvre jeune homme demeura, pendant un temps qu'il ne put préciser, dans un demi-évanouissement.
Lorsqu'il revint à lui, sa faux et son bidon avaient disparu. Un autre homme fut lancé contre un mur si violemment, qu'il eut un bras fracturé.
Au-delà de Ceaux, la trombe diminua rapidement de volume, s'amincit à sa partie médiane, se scinda en deux parties, et enfin se dissipa.
Elle avait parcouru un espace d'environ vingt kilomètres, suivant une direction d'abord indécise et sinueuse, mais ensuite, depuis la Roche-Rigault, parfaitement rectiligne.

En bas de la page 317 et page suivante :
La trombe, dit M. Mouchez dans une note communiquée à l'Académie des sciences le 29 décembre 1873, prend toujours naissance au bas d'un nuage particulier, d'un nimbus fort dense, dont elle n'est qu'un appendice, et elle ne parait pouvoir se former qu'en calme plat, ou avec une très-faible brise, car un vent, même modère, la dissipe immédiatement.
Toutes les trombes que j'ai eu l'occasion d'observer se sont formées dans les conditions suivantes, toujours identiquement les mêmes :
calme plat, ciel généralement dégagé en quelque point de l'horizon, et couvert dans d'autres de nuages noirs-très-denses, terminés dans la partie inférieure par une ligne droite horizontale, et dans la partie supérieure par des masses floconneuses beaucoup plus claires ; la ligne inférieure se dessine souvent sur un ciel bleu ou voilé de légers cirrus.
Etc...
Bref rien n'indique qu'on va se prendre une trombe !!! Calme plat !!!! Et quand ça arrive .. C'est ce qu'on appelle partir en trombe....


Elle est encore décrite dans la 5e édition, moins détaillée que la 3e édition, il y a une gravure de la trombe de Loudun de bonne qualité dans cette édition.
La différence entre les éditions c'est l'analyse des trombes et des tornades à partir de nouvelles informations.
L'air et le monde (5e édition) - par Arthur Mangin - 1885
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6221464v/f199.image.r=loudun
La gravure de la trombe de Loudun de bonne qualité ici :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62169354/f193.image


L'édition de 1893, reprend la trombe de Loudun avec de nouvelles analyses sur les trombes.
La gravure sur la trombe des environs de Loudun est de bonne qualité :

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k932586p/f190.image.r=


Un site qui s'appelle : L'Observatoire Français des Tornades et des Orages Violents
http://www.keraunos.org/presentation-observatoire-francais-tornade-orage-vi…
Dans ce site il y a énormément de données sur le phénomènes des trombes et tornades, accompagnés de films.
Il y a un forum sur les tornades du Poitou. La trombe de Ceaux est citée, il y aurait pas mal de documentations...


Sur tous les sites qui parlent de tornade, notre trombe a une intensité de F4.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Échelle_de_Fujita

F4 :  vents de 330–420 km/h
Dégâts dévastateurs : même dans les habitations solides, l'essentiel des murs, sinon tous, s'effondrent ; tels des missiles, de gros objets en acier ou en béton sont projetés à grandes distances.

Il existe dans le monde des chasseurs de tornades, ou chasseurs de trombes ou chasseurs d'orages, etc...
Ils prennent des films (parfois au péril de leur vie), font des rapports, des analyses, etc...
On peut voir des vidéos sur les sites de vidéos et sur les sites de ces chasseurs.
Quand on voit les vidéos représentants une F4 .... On imagine que les habitants ont dû en parler pendant pas mal de temps...


Différence entre trombe et tornade :
http://comprendre.meteofrance.com/pedagogique/dossiers/phenomenes/tornades?…

La trombe de Ceaux est citée un peu partout , elle est dans le top 15 des plus puissantes en France.
http://superstorm.forumactif.com/t419-tornades-en-poitou-charentes
Céaux en Loudun en 1863 : F4
18 juin 1863 = jeudi
A Céaux-en-Loudun à l’extrême nord de la Vienne (NO de Châtellerault) une tornade classée F4 qui a parcouru 5 km, sur une largeur de 200 m environ.
Pas d’autres renseignements pour l’instant, sinon que le cas est recensé.
_________________
il n'y a pas des hiérarchies il n'y a que des differences


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