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Le train de Loudun bloqué par des sauterelles

 
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pictavius
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MessagePosté le: Jeu 29 Nov - 00:48 (2012)    Sujet du message: Le train de Loudun bloqué par des sauterelles Répondre en citant

UN TRAIN BLOQUÉ ENTRE LOUDUN ET CHÂTELLERAULT PAR DES SAUTERELLES
 






La Croix - 7 août 1894
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k215770k/f4.image.r=loudun.langFR

Un train arrêté par les sauterelles
Le Journal du Loiret dit que ces jours derniers, le train spécial C, remorqué par la machine 3569, mécanicien Allély, est resté
en détresse entre Loudun et Châtellerault, par suite d'une énorme nuée de sauterelles qui s'est abattue sur la voie.
Les insectes écrasés par les roues de la locomotive ont formé sur les rails une couche tellement gluante que celle-ci s'est mise à patiner.
Le train a dû s'arrêter en pleine voie, jusqu'à complet déblaiement.







La presse locale - Archives de la vienne

Le Journal de la Vienne, des Deux-Sèvres et de la Vendée
Mercredi 8 août 1894 - page 14
Un train arrêté par des sauterelles - Un fait assez rare dans nos contrées s'est produit le 28 juillet dernier.
Le train spécial C, remorqué par la machine 3, 569, mécanicien Allély, est resté en détresse, entre Loudun et Châtellerault, par suite d'une énorme nuée de sauterelles qui s'est abattue sur la voie.
Les insectes écrasés par les roues de la locomotive ont formé sur les rails une couche tellement gluante que celle-ci s'est mise à patiner.
Le train a dû s'arrêter en pleine voie jusqu'à complet déblaiement.







Avenir de la Vienne - 8 août 1894 - page 15
Ne nous apprend rien de plus
Remarque : à la page 13, 6 et 7 août 1894, canton de Loudun : Une maladie nouvelle de la vigne.


Le Courrier de la Vienne et des Deux-Sèvres - Mercredi 8 août 1894 - page 14
Train arrêté par les sauterelles
Le train arrêté entre Loudun et Châtellerault - Phénomène bizarre - La locomotive patine - La voie est déblayée
Il vient de se produire un phénomène bizarre entre Loudun et Châtellerault et n'était l'honorabilité des personnes qui nous affirment la chose, nous aurions peine à y ajouter foi.
On nous raconte que ces jours derniers, le train spécial C remorqué par une machine conduite par le mécanicien Allily - vous voyez que l'on précise - est resté en détresse, par suite d'une énorme nuée de sauterelles qui s'est abattue sur la voie.
Les insectes écrasés par les roues de la locomotive ont formé sur les rails une couche tellement gluante que celle-ci s'est mise à patiner.
Le train a dû s'arrêter en pleine voie jusqu'à complet déblaiement.







Mémorial du Poitou - Mercredi 8 août 1894 - page 6
Ne nous apprend rien de plus





Nous sommes en 1894, ce phénomène se reproduira en 1901, dans le Poitou, dans la région de Pamproux et de Niort et en 1922 à Niort.
Sachant qu'en 1888, les criquets ont aussi envahi les Charentes.
On parle de sauterelles ou (et) de criquets, la plupart du temps on arrive à les identifier, et on fait souvent allusion aux mêmes phénomènes en Afrique du Nord, mais
ce ne sont pas les mêmes criquets. (Heureusement).
Dans la presse on lit des invasions la plupart du temps dans le Midi, mais une région s'illustre, c'est le Poitou-Charentes et proche alentours.
Sachant que ces phénomènes s'accompagnent de fortes chaleurs et de sécheresse.
On pense qu'elles sont sélectives dans leur repas, mais apparemment, elles semblent préférer une plante plutôt qu'une autre, mais si elles n'ont pas le choix, tout y passe, même la vigne.



Listes d'invasions trouvées :

1851
Sur le site de la médiathèque de Poitiers : Le train à Poitiers
Le train de la ligne Poitiers / La Rochelle en 1851 a été arrêté par des criquets :
http://www.bm-poitiers.fr/medias/medias.aspx?INSTANCE=EXPLOITATION&PORT…
Les Archives, à cette date, ne proposent que  :
Affiches, annonces et avis divers de Poitiers, journal de la Vienne
Il faut peut-être chercher ici ?


1888
Les ravages des criquets aux environs de Rochefort, Saintes et La Rochelle en 1888 - Par Gustave Regelsperger
Bulletin de la Société de géographie de Rochefort-sur-Mer - Tome 9 - 1887-1888

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2087273/f295.image

Notre sauterelle a été identifiée comme étant le : caloptenus italicus ou Le Caloptène italien ou criquet italien.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Criquet_italien



1901
En 1901 nous trouvons pas mal de littérature, les sauterelles bloquent un train dans les Deux-Sèvres.

Invasion de sauterelles : La Revue scientifique du Limousin - Tome 5 - 1901-1902
http://archive.org/details/larevuescientifi56lege
Pamproux, 4 décembre 1900.
Mon cher Collègue,
A la page 382 de la Revue scientifique du Limousin, vous demandez quelques renseignements sur l'apparition des sauterelles en Poitou pendant l'été dernier.
La commune de Pamproux a été peu ravagée, mais Bougon, plus au sud et limitrophe, a vu des colonies serrées ravager les récoltes.
La commune de Fressine a eu aussi à en souffrir, ainsi que celle de Vouillé, près Niort.
Près de la halte d'Arthenay, entre La Crèche et Niort, les champs de pommes de terre ont été dévorés.
Ces sauterelles étaient légion, et de mémoire d'homme on n'avait jamais entendu parler d'une chose pareille dans notre contrée.
Des vignes ont été broutées, les légumes dans les jardins ont disparu en quelques jours.
Si ces quelques renseignements peuvent vous faire plaisir, j'en serai enchanté.
    Vôtre, tout dévoué. D. Souché.

Remarque : on parle des sauterelles des Deux-Sèvres dans une revue du Limousin, car le Limousin n'a pas été épargné, les scientifiques
du Limousin veulent savoir si la sauterelle a été identifiée par les Deux-Sèvriens.
Voir : Bulletin de la Société botanique des Deux-Sèvres, de 1901,  pages 103 et 104, où les questions sont posées.
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6288340x/f106.image.r=criquets.langFR



La Croix - 28 juin 1901
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k219445m/f3.image.r=pamproux.langFR

L'article est presque illisible, cela commence par une invasion dans la Camargue, puis dans le Poitou et les Charentes, Voici le passage sur le Poitou et les Charentes :

Une invasion de sauterelles
Le fléau

A tous les fléaux contre lesquels nos agriculteurs ont à lutter vient s'en ajouter un nouveau et des plus redoutables.
Dans la Charente, la Charente-Inférieure et les Deux-Sèvres, le fléau fait aussi des ravages considérables.
Sur les lignes ferrées de Niort, Poitiers, Ruffec, et La Rochelle, il existe depuis quelques jours des bandes énormes de criquets.
On les voit suivre les rails et les accotements de la voie en bataillons épais, marchant vers l'Ouest, et chaque train qui passe en écrase un nombre considérable.
C'est à ce point que l'on sent durant tout le voyage une odeur infecte provenant de la putréfaction des cadavres de ces insectes le long de la voie.
Leur abondance était telle du côté de Pamproux (Deux-Sèvres) et Loulay, arrondissement de Saint-Jean-d'Angély, qu'un train de marchandises a eu de ce fait,
plus de vingt minutes de retard. Ces insectes, broyés parles roues de la locomotive, formaient une masse gluante qui faisait patiner sur place les roues
de la machine et l'empêchait d'avancer, malgré l'emploi du sablier.
Il a fallu balayer la voie et nettoyer les roues de la locomotive pour lui permettre d'avancer.

En 1894, il s'était produit déjà une très forts éclosion de sauterelles en Camargue, et tout la (???) on fut recouvert.
Il y a quelques années également le territoire de Maussane, dans la vallée des Baux, fut dévasté par le même fléau.
M. Grimanelli, préfet, des Bouches-du-Rhône, interrogé, au cours de la séance de la Commission départementale, sur les mesures prises pour préserver la Camargue, a indiqué que toutes les mesures avaient été prises.
Dès l'apparition du fléau, on a envoyé d'urgence des (??????) d'agriculture dans les sept propriétés envahies par les colonies de criquets.
Les dommages causés jusqu'à ce jour sont sans importance, parce que les criquets se trouvent cantonnés dans des enclos incultes, et surtout parce que l'invasion actuelle s'est produite à une époque relativement tardive.
Les récoltes des céréales et des fourrages ont pu être effectuées avant que les criquets aient occasionné de sérieux dégâts.

Le préfet a pris un arrêté ordonnant l'exécution des mesures de préservation.
Les propriétaires et les fermiers se sont conformés aux instructions qui leur ont été données.
L'arrêté ajoute que le fléau pouvant devenir sérieux et même grave l'année prochaine, le préfet a ordonné également l'application des mesures de préservation et
fera surveiller les éclosions et procéder aussitôt à la destruction de tous les jeunes acridiens.
L'emploi des solutions de monosulfure de sodium. qui a donné d'excellents résultats lors des invasions de 1893 et 1894, sera généralisé.

Suit un chapitre : Comment les détruire



Page 8 du fichier "Revue de l'enseignement primaire supérieur - N° 46 - 11 août 1901"
http://www.inrp.fr/numerisations/revue-de-l-enseignement-primaire/Fascicule…

« Sur les lignes ferrées de Niort, Poitiers, Ruffec et La Rochelle, écrit-on au Tempe à la même date, il existe depuis quelques jours des bandes énormes de criquets.
On les voit suivre les rails et les accotements de la voie, en bataillons épais, marchant vers l'ouest, et chaque train qui passe en écrase un nombre considérable.
Cest à ce point que l'on sent durant tout le voyage une odeur Infecte provenant de la putréfaction des cadavres de ces insectes, le long de la voie. »

« Leur abondance était telle du côté de Pamproux (Deux-Sèvres) et Loulay, arrondissement de St-Jean-d'Angély, qu'un train de marchandises a eu, de ce fait, plus de vingt minutes de retard.
Ces insectes, broyés par les roues de la locomotive, formaient une masse gluante qui faisait patiner sur place les roues de la machine et l'empêchait d'avancer, malgré l'emploi du sablier.
Il a fallu balayer la voie et nettoyer les roues de la locomotive pour lui permettre d'avancer. »



L'Écho des jeunes (Paris) - N° 213 - 01 septembre 1901
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k58242702/f10.image.langfr

LES SAUTERELLES
Tout dernièrement, sur la ligue des railways départementaux, le train se dirigeant sur Angoulême a été arrêté par des sauterelles amassées en énorme quantité sur les rails. La machine patina pendant quelques minutes et ne put avancer.
Sur les lignes ferrées de Niort, Poitiers, Ruffec et La Rochelle, il existe depuis quelques jours des bandes de criquets.
On les voit suivre les rails en bataillons épais, marcher vers l'ouest, et chaque train qui passe en écrase un nombre considérable.
Leur abondance était telle du côté de Pamproux (Deux-Sèvres) et Loulay, arrondissement de Saint-Jean-d'Angély, qu'un train de marchandises a eu, de ce fait,
plus de vingt minutes de retard. Ces insectes, broyés par les roues de la machine, formaient une masse qui faisait patiner sur place les roues de la machine et l'empêchait d'avancer.
Il a fallu balayer la voie et nettoyer les roues pour permettre à la locomotive de reprendre sa route.




L'Écho des jeunes (Paris) - N° 226 - 01 octobre 1902
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5763047p/f7.image.langfr
Les sauterelles
Un phénomène plutôt rare en France, s'est produit (le 26 juin 1901) sur la ligne d'Orléans dans la région de Niort.
Des légions de sauterelles ont envahi la contrée, où elles grouillent, en couches épaisses.
Les voies ferrées elles-mêmes en sont à tel point recouvertes, que les services des trains en éprouvent de grandes perturbations.
C'est ainsi que près d'Orléans, un express a dû stopper, et que les voyageurs ont été forcés d'achever à pied le trajet qui les séparait de cette ville (Le Soir).


On parle encore des sauterelles des Deux-Sèvres et des Charentes dans :
Le Laboureur - N° 728 (doit être de La Croix du 7 juillet 1901) :

http://www.memoireetactualite.org/presse/26LACROIX___/PDF/1901/26LACROIX___…

Dans l'URL il y a : 1901/26LACROIX___-19010707-S-0007.pdf
Ce serait un extrait du journal La Croix, mais rien à la date du 7 juillet 1901. Cependant on en parle rapidement dans La Croix du 7 août 1901 :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k219478s/f3.image.r=sauterelles.langFR




La Croix - 13 juin 1901
Vendée - Les sauterelles

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2194324/f4.image.r=sauterelles.langFR

Vendée. Les sauterelles. II y a quelques jours, lisons-nous dans le Publicateur de la Vendée, un de nos concitoyens, passant en voiture non loin du Langon,
constata, sur la route, une telle quantité de sauterelles qu'on n'eût pas pu, dit-il, laisser tomber sur le sol une pièce de 5 francs.
Jeudi, pareil fait aurait été constaté aux environs de Fontaines.
Vendredi encore deux personnes passant l'après-midi non loin de Saint-Médard, près de Fontaines, virent un nuage qui, pendant un instant, couvrait le soleil.
Peu après, des sauterelles s'abattaient en rangs serrés dans les champs voisins et sur la route où l'on pouvait les écraser par milliers.
On ne voyait plus la poussière.
Non loin de là, un champ de pommes de terre et un autre de betteraves fourragères avaient été, la veille, complètement dévastés.



La Croix - 9 juillet 1901
Chenilles et sauterelles

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k219454k/f4.image.r=sauterelles.langFR
Les sauterelles qui, ces dernières semaines, dévastaient, comme on le sait, les départements de la Charente et des Deux-Sèvres, ainsi que plusieurs départements
du Midi, auraient fait leur apparition dans une partie de la Beauce située sur la limite de l'Eure-et-Loir.
Il y a trois jours on signalait leur présence dans le canton de Marchenoir (Loir-et-Cher).
Ces criquets, très abondants, s'attaquent principalement aux betteraves ; ils sont aussi fort dangereux pour les blés.
Ces insectes appartiendraient à l'espèce noire, encore inconnue en Beauce.
Le département de la Sarthe est présentement envahi par les chenilles qui emplissent tous les arbres, surtout les pommiers, et causent de grands dommages
à l'agriculture.
Cette singulière invasion n'est d'ailleurs pas spéciale à cette région. On s'en plaint beaucoup dans les départements du centre, notamment dans la Haute-Vienne.




La Croix - 12 juillet 1901
Les sauterelles à Angoulême

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k219457q/f4.image.r=sauterelles.langFR
A Angoulême, la Commission départementale de la Charente s'est réunie hier pour s'occuper de la question de la défense contre l'invasion des sauterelles.
Elle a entendu M. Kunckel d'Herculais, délégué du ministre de l'Agriculture, et a décidé d'organiser immédiatement la campagne de destruction.
L'administration de la guerre mets les soldats à le disposition du département et, dès aujourd'hui, un certain nombre d'hommes sont partis avec l'outillage nécessaire pour donner la chasse aux sauterelles dans les communes qu'elles ont envahies.

Remarque : l'article à la suite est une liste de victimes de la chaleur à Paris.




La Croix - 16 juillet 1901
vignobles et sauterelles

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k219460d/f4.image.r=sauterelles.langFR
Les vignobles rouges et blancs du Loir-et-Cher qui se trouvaient en retard il y a un mois, sont aujourd'hui en avance sur l'année dernière.
Les raisins sont très nombreux, ce qui fait espérer une bonne récolte pour la prochaine campagne.
En résumé, la situation du vignoble est très belle. Les sauterelles seules inquiètent.
En effet, des sauterelles noires, inconnues jusqu'ici dans la contrée, ont fait une invasion inquiétante dans toute la Beauce.
Ces insectes sont gros comme des mouches à miel ; ils s'élèvent devant les chevaux comme des nuées, se cantonnent et se mettent en tas dans les prairies qu'elles dévastent.
Dans le département de l'Indre, on signale également de grands dégâts commis dans les campagnes par ces envahisseurs.


Le Temps - 27 juin 1901
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2368054/f3.image.r=criquets.langFR
ARRÊTÉ PAR LES SAUTERELLES. Notre correspondant d'Angoulême nous signale le curieux fait suivant :
Sur la ligne des railways départementaux, à la rampe de Douzat, le train partant de Rouillac à six heures et se dirigeant sur Angoulême a été arrêté par
des sauterelles amassées en énorme quantité sur les rails la machine patina pendant quelques minutes et ne put avancer ; certains voyageurs descendirent
pour se rendre à pied à la station la plus proche.
D'autre part, l'Agence nationale communique les renseignements suivants sur l'invasion des sauterelles :
Sur les lignes ferrées de Niort, Poitiers, Ruffec et la Rochelle, il existe depuis quelques jours des bandes énormes de criquets.
On les voit suivre les rails et les accotements de la voie en bataillons épais, marchant vers l'ouest, et chaque train qui passe en écrase un nombre considérable.
C'est ce point que l'on sent durant tout le voyage une odeur infecte provenant de la putréfaction des cadavres de ces insectes le long de la voie.
Leur abondance était telle du côté de Pamproux (Deux-Sèvres) et Loulay, arrondissement de Saint-Jean-d'Angély, qu'un train de marchandises a eu, de ce fait,
plus de vingt minutes de retard. Ces insectes, broyés par les roues de la locomotive, formaient une masse gluante qui faisait patiner sur place les roues de la
machine et l'empêchait d'avancer, malgré l'emploi du sablier. Il a fallu balayer la voie et nettoyer les roues de la locomotive pour lui permettre d'avancer.


Le Temps - Le 17 juillet 1901
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k236824f/f2.image.r=sauterelles.langFR
LA VIE A LA CAMPAGNE - LES CHAMPS ET LES BÊTES
A cette température algérienne il ne manquait plus, comme couleur locale, que les sauterelles elles sont venues.
Elles sont venues dans mon département, dans mon arrondissement, dans mon canton même où, jusqu'à ce jour, elles avaient été complètement inconnues.

Je dois dire, d'ailleurs, que ces sauterelles n'ont rien de commun avec les sauterelles d'Algérie criquet pèlerin (acridium peregrinum) pas plus qu'avec le criquet migrateur (sachytilus migratorius) qui exerce ses ravages dans la Provence et le Languedoc.
Nous avons, quant à nous, affaire au criquet italien (caloplenus italicus) bien plus petit que les précédents, mais qui, pour cela, n'est pas moins incommode.

Ce sont de petites sauterelles noires qui voyagent par groupes comme des essaims d'abeilles, et par groupes si épais et si compacts qu'en un clin d'œil elles ravagent-les récoltes sur lesquelles elles s'abattent.

Elles ne se sont, d'ailleurs, attaquées jusqu'à ce jour qu'à certaines récoltes particulières telles que les choux, les betteraves, les topinambours, les vesces de printemps, les haricots, les fèves et les pois.
On ne s'est point encore aperçu qu'elles aient touché aux céréales, blé, orge, avoine et même maïs, bien que les feuilles de maïs soient très fraîches et très vertes.

Déjà, l'an passé, ces petites sauterelles avaient fait leur apparition dans les environs de Niort, mais leurs ravages avaient été peu importants.
Leur ponte faite en août et septembre sur les talus des fossés, les terrains incultes et les vieux prés secs, a sans doute admirablement réussi, car c'est de là qu'elles se sont répandues dans tout le département des Deux-Sèvres et
dans les départements riverains, la Charente et la Vienne.
Elles se sont notamment montrées si abondantes entre Niort et Poitiers qu'un jour, aux environs de Lusignan, elles obstruèrent tellement la voie du chemin de fer
que les roues de la locomotive patinant sur les rails, la marche du train fut complètement arrêtée.

Bien que des mesures immédiates aient été prises par le préfet des Deux-Sèvres, sur les indications de M. Rozeray, professeur départemental d'agriculture,
et par le préfet de la Vienne, sur les instructions du docteur Marchal, directeur de la station, entomologique à l'Institut agronomique, les résultats obtenus ne sont
pas encore très brillants,et la marche de ces criquets italiens n'a point encore été victorieusement enrayée.



La Croix - 18 juillet 1901 - Sauterelles en Charente
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2194625/f3.image.r=sauterelles.langFR
Les sauterelles en Charente
Les sauterelles ont fait leur apparition dans le département de la Charente.
Une partie du 107e de ligne a été envoyée pour combattre le fléau dans les communes ravagées. Angoulême est également envahi par les sauterelles.



La Croix - 2 août 1901 - Sauterelles à Angers

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k219475n/f1.image.r=sauterelles.langFR

Angers. La vallée de la Mayenne et celle de la Sarthe, aux environs d'Angers, sont littéralement couvertes de sauterelles, ressemblant beaucoup aux sauterelles d'Algérie.
L'herbe des prairies est complètement dévorée.
Les cultivateurs se plaignent des dégâts considérables causés par ces sauterelles et redoutent une invasion plus redoutable l'année prochaine si on ne prend pas des mesures au moment de la ponte.




LA PRESSE LOCALE - ARCHIVES DÉPARTEMENTALES DE LA VIENNE

Le Journal de la Vienne, des Deux-Sèvres et de la Vendée
Jeudi 27 juin 1901 - page 44
Un train arrêté par les criquets

Un de nos amis qui revient d'une excursion sur les lignes de Niort, Poitiers, Ruffec et la Rochelle,
nous informe que depuis quelques jours, il existe dans toute cette région des bandes considérables de criquets.
on les voit suivre les rails et les accotements de la voie en bataillons épais, marchant vers l'ouest, et chaque train qui passe en écrase un nombre considérable.
C'est à ce point que l'on sent durant tout le voyage une odeur infecte provenant de la putréfaction des cadavres de ces insectes le long de la voie.
Pendant la nuit, les criquets s'accumulent dans certains endroits, et vendredi, par exemple, leur abondance était elle du côté de Pamproux, qu'un train de marchandises a eu, de ce fait, plus de vingt minutes de retard.
Ces insectes, broyés par les roues de la locomotive, formaient une masse gluante qui faisait patiner sur place les roues de la machine et l'empêchait d'avancer malgré l'emploi du sablier.
Il a fallu balayer la voie et nettoyer les roues de la locomotive pour lui permettre d'avancer.
Ces criquets font déjà des dégâts assez considérables sur leur passage et on se demande avec anxiété si on ne va pas assister dans cette région à une nouvelle plaie d'Egypte.


Remarque : on parle d'un sablier pour dégager le train, pas trouvé de photo...



Le Courrier de la Vienne et des Deux-Sèvres
Dimanche 30 juin 1901 - page 51
Deux-Sèvres
Les sauterelles - Champs dévastés - Trains arrêtés
Mauzé sur le Mignon
- Toute la contrée est ravagée par les sauterelles et si la sécheresse continue, il ne restera ni herbe dans les prairies, ni plantes sarclées dans les champs.
Il n'est pas jusqu'aux vignes que les criquets ne dévorent. Certains vignerons pour préserver leur plants les arrosent avec des dissolutions de sulfate de cuivre ; alors quelques sauterelles jonchent le terrain de leurs
cadavres, mais d'autres légions arrivent et les vignes sont mangées quand même.
Dans certains champs on pourrait sans changer de place, ramasser les sauterelles à pleins chapeaux.
La terre en est couverte avec une telle profusion, que c'est autour de soi comme une vaste fourmilière ; on en trouve également sur les routes et les chemins : elles marchent par grosses colonnes et causent de grandes pertes aux cultivateurs.
- L'autre jour, une de ces colonnes de criquets a arrêté un train de chemin de fer entre Beauvoir et la Charrière.
Voici ce qui est arrivé : la voie était noire de sauterelles et les wagons, roulant au milieu des criquets, firent un tel massacre, que les roues ne tardèrent pas à être gluantes et à patiner sur place.
Force fut au mécanicien de couper le train en deux et de s'y reprendre à deux fois pour amener le convoi en gare.
Depuis ce jour, les locomotives sont munies de balais accrochés aux chasse-pierres, car il faut, en certains endroits balayer les rails pour passer.



Le Mémorial du Poitou - Samedi 29 juin 1901 - page 18
Article qui n'apporte rien de plus




1902

Le Figaro - 8 avril 1902
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2858353/f4.image.r=criquets.langFR
LES CRIQUETS
La Rochelle. L'année dernière, les criquets ont causé de grands ravages dans le département de la Charente-Inférieure afin d'éviter le retour de l'invasion
de ces insectes, l'administration préfectorale vient de préconiser divers moyens pour la destruction des criquets dés l'éclosion des œufs.


Le Figaro - 29 mai 1902
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k285887k/f4.image.r=criquets.langFR
LES CRIQUETS
La Rochelle. Des quantités considérables d'œufs de criquets sont sur le point d'éclore dans la Charente-Inférieure, principalement au sud du département.
L'administration préconise différents modes de destruction des criquets qui, l'an dernier, ont causé les plus grands ravages.




La Croix - 10 mai 1902
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k219710m/f2.image.r=sauterelles.langFR
LES SAUTERELLES EN CAMARGUE
Les sauterelles viennent de faire leur apparition en Camargue ; des foyers d'infection ont été reconnus au mas de Marin et du Pont-de-Rousty.
Les acridiens n'occupent encore pas beaucoup de place, ils volent difficilement n'ayant que des ailes rudimentaires.
Aussitôt cette apparition connue, des instructions ont été données, et les mesures les plus énergiques vont être prises, contre les acridiens pour empêcher l'envahissement des propriétés voisines.




La Croix - 31 mai 1902
Maine et Loire - Les sauterelles

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2197280/f4.image.r=sauterelles.langFR
Maine-et-Loire. Les sauterelles
D'énormes nuées de sauterelles, partagées en cinq colonnes verticales, prenant près de vingt mètres de hauteur, sont passées hier soir sur Angers, semblant se diriger vers Saumur.



Le Figaro - 20 juin 1902
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k285909w/f5.image.r=criquets.langFR
LA GUERRE AUX CRIQUETS
La Rochelle. Le département de la Charente-Inférieure étant actuellement infesté de criquets, l'autorité militaire vient de décider que des soldats pourraient être
mis à la disposition des maires des communes de ce département pour travailler à la destruction de ces insectes.



La Croix - 21 juin 1902
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k219746x/f2.image.r=sauterelles.langFR
LA DESTRUCTION DES SAUTERELLES
Le département de la Charente-Inférieure étant actuellement infesté de criquets, l'autorité militaire vient de décider que des soldats pourraient être mis à la disposition des maires des communes de ce département pour travailler à la destruction de ces insectes.



Le Figaro - 4 juillet 1902
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2859239/f5.image.r=criquets.langFR
L'INVASION DES CRIQUETS
La Rochelle. On sait que la Charente-Inférieure est envahie, depuis deux ans, par les criquets. Ces insectes causent les plus grands dégâts.
Le ministre de l'agriculture vient d'envoyer dans le département M. Kunckel d'Herculais, assistant au Muséum d'histoire naturelle de Paris, afin d'indiquer
aux populations rurales, sur le terrain même, les mesures les plus pratiques pour arrêter l'invasion des sauterelles. Mercredi, M. Kunckel
d'Herculais, accompagné de professeurs d'agriculture, a procédé aux premières expériences de destruction de criquets dans des champs de la
banlieue de La Rochelle.




La Croix - 27 août 1902

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k219802b/f4.image.r=sauterelles.langFR
Aveyron. Pluie de sauterelles. Une véritable pluie de sauterelles vient de tomber à Millau ; les rues et les boulevards en sont littéralement jonchés.
Cette averse d'un nouveau genre a été causée par le vent du Sud-Ouest qui souffle avec force.
La population est fort incommodée par ces désagréables insectes qui, déjà maîtres de la voie publique, menacent d'envahir l'intérieur des maisons.




1920
La Croix - 2 mars 1920
Perpignan
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2605503/f4.image.r=sauterelles.langFR
Invasion de criquets - Une invasion de criquets a eu lieu à Perpignan et dans les environs.
Un vol de sauterelles s'est abattu dans les rues et sur la campagne causant des dégâts.



1922
La Croix - 21 juillet 1922
Niort

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k261288h/f2.image.r=sauterelles.langFR
Une nuée de sauterelles à Niort
Une nuée de sauterelles s'est abattue sur Niort, le sol en était jonché. Le vol de ces insectes est parfois très élevé et très dense et ressemble, dans le ciel, à des
flocons de neige. Dans la campagne, ces bestioles causent de grands dégâts.



Invasion récente en Aveyron, ce document est intéressant car il décrit le criquet de nos régions (le criquet italien), il est dit aussi qu'il ne faut pas faire l'amalgame avec la situation en Afrique du Nord.
Invasion en Aveyron du Caloptène italien en 2005
http://www.inra.fr/opie-insectes/pdf/i139baliteau.pdf

Remarque : J'ai mentionné plus haut que les Poitou-Charentes étaient particulièrement touchés, mais dans la presse ancienne, on voit que l'Aveyron n'est pas épargné.
Il est dit aussi :
“Les invasions de criquets sont si rares en France que les instituts spécialisés en agronomie ne travaillent pas sur ces insectes”

Voir aussi :
http://www.agrobiosciences.org/article.php3?id_article=1457


Question : Est-ce que de nos jours un train pourrait-être bloqué par les criquets ? Faudrait chercher en Australie, en Afrique et dans les pays où ce fléau est présent...


Pour résoudre le problème de l'alimentation mondiale il est envisagé de mettre dans nos assiettes des insectes tels que les criquets, cela se fait dans pas mal de pays, mais pas encore en France.
http://www.restaurantdinsectes.fr/restaurantsinsectes.php


La Croix - 30 mars 1942 - Conserves de sauterelles
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4445250/f3.image.r=sauterelles.langFR



Une dissertation sur nos sauterelles :

La Croix - 15 août 1922

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k261309f/f3.image.r=sauterelles.langFR
Chronique provinciale - Les sauterelles

Voilà donc encore une malheureuse région qui vient de subir une incursion de sauterelles silencieuses.
Depuis plusieurs jours déjà, des voyageurs les signalaient à quelques lieues de distance. Ils rapportaient des choses terribles. Ils disaient que lorsqu'elles s'abattent,
par exemple, dans un champ de pommes de terre, elles n'en laissent plus « que le manche ».
Que le manche ? Hé Seigneur Chacun, tremblait pour ses patates.
Aussi, les premières survenues en éclaireuses, comme des uhlans, ne passèrent point inaperçues. L'alarme fut aussitôt donnée de seuil en seuil. Mais le lendemain, pas de sauterelles.
Le surlendemain, pas de sauterelles. Le gros de l'ennemi tardait à paraître.
Et l'amour arriva qu'on ne l'attendait plus », a dit le poète. Est-ce que les sauterelles n'arriveraient pas quand on les attend ?
Hélas ! Le troisième jour, sur les 10 heures du matin, une infinité de pointe mobiles s'interposèrent entre la terre et le soleil montant, qui, sans faire écrans,
mais prenant de sa lumière, au contraire, semblaient autant de paillettes de mica en suspens dans l'éther, Puis le foisonnement s'abaissa. On vit clairement qu'il était ailé.
Les ailes descendirent encore. Ce fut alors, au-dessus de la campagne comme au-dessus de la ville, un floconnement serré d'insectes qui tombaient, voletaient, tourbillonnaient sans bruit, de ce vol tacite des chauves-souris, répugnant de discrétion.

Les sauterelles se plaquaient au sol, couvraient les chemins, se collaient aux murs, s'agrippaient aux vêtements, vous heurtaient le front, vous rasaient la nuque, entraient dans les maisons et dans la bouche des bavards.
Leur chute en zigzags rayait l'air comme une, pluie d'orage, se croisant avec les plaintes, les lamentations des humains, victimes de cette averse percutante qui vous atteignait ou frappait le sol durci en rendant le son mat des objets à bout de course.

Les plus grosses l'étaient comme le petit doigt les cadettes, comme un grain d'avoine. D'un gris de lézard, d'un gris de crapaud, elles se présentaient fort mal,
montrant quand elles culbutaient un ventre accusateur de tanches grasses. 0 comble de l'ironie elles avaient des ailes roses comme un rêve de fiancés Les sales bêtes.

La population, surprise Jusque dans l'enceinte de la cité, ne fit pas de quartier.
Ce n'est pas à dire qu'elle fut la maîtresse de l'insolente engeance, mais elle s'en vengea autant qu'elle put. La piaffe devint unanime.
Tous les talons tapaient, écrasaient, faisaient de la bouillie sur les trottoirs et sur la chaussée.
A coups de mouchoirs, à coups de serviettes, à coups d'ombrelles, à coups de casquettes, à coups de lattes, à coups de balais, au risque, là encore, de n'en plus conserver que le manche, on chassait et châtiait l'invasion votante.
Tous les chiens étaient lâchés, tous les chats et toutes les poules, qui se régalèrent.

La lutte dura trois heures.
Et quand les rues et les cours furent criblées de cadavres, souillées, enduites de détritus gluants prenant aux semelles comme un bitume mou ; quand l'atmosphère apparut à peu près purgée de la bestiole impolie, importune et impopulaire,
on s'aperçut que là n'était pas le danger principal.
    Quelqu'un cria
           Elles sont partout dans les jardins
    Un autre plus précis
           Elles mangent les carottes !
La Sœur sacriste, qui avait dehors des Kochias jeunes, fit savoir de son côté qu'elles mangeaient aussi les kochias.
     Que faire ?
Pluie contre pluie, les arrosoirs entrèrent en jeu. On ne pouvait pas courir à travers les salades, à la poursuite des sauterelles, et piétiner à même la récolte. On employa l'eau. Jamais, de mémoire d'homme, il ne fut autant pompé pour le salut du légume.
Devant les gerbes liquides, les sauterelles fuyaient en nappes, mais d'un vol lourd et boudeur, qui s'arrêtait vite à quelques mètres plus loin. Elles trouvaient toujours
où se poser. Un soleil implacable, d'une ardeur forcenée, séchait les plates-bandes à mesure. Elles sortaient de la chicorée pour entrer dans le haricot. Vous en envoyiez chez le mitoyen, le mitoyen en renvoyait chez vous.
Partie misérable ! Burlesque manœuvre. C'était le rocher de Sisyphe, l'arrosoir des Danaïdes. Les sauterelles auraient épuisé les puits, comme elles épuisèrent le courage des sinistrés. Elles couchèrent sur leurs positions.
Après s'être répandu en efforts, en sueurs, en ondes, on se répandit en invectives, aussi impuissantes que le reste.
Vers le soir, le bruit courut, doublant l'angoisse, que la sauterelle était malsaine jusque dans le trépas et que tous les chiens allaient crever, ainsi que les chats et les
pensionnaires de basse-cour qui s'en étaient gavés. Fâcheuse bombance !
Enfin, comme il est d'usage dans le malheur, les yeux se tournèrent vers le ciel.
Ah ! Puisque la terre avait soif, s'il pouvait pleuvoir, pleuvoir à débarrasser le monde, & noyer sans exception aucune les brouteuses malfaisantes, insatiables, infatigables.
L'espoir n'était pas si vain. La Sainte-Madeleine approchait. Il pleut d'ordinaire à cette époque un proverbe le dit, de ton ému et de sens profond « La Madeleine pleure toujours ! »

Elle a pleuré, mais trop tard pour la culture envahie. Elle a pleuré à son jour de calendrier, des larmes tièdes et douces.
Et ce sont les amis du pays du couchant qui en auront profité, car les sauterelles ont viré de bord au lever du vent d'Ouest chargé d'humidité, pour s'envoler dans une direction nouvelle après être restées sur place pendant quarante-huit heures.
Le beau travail qu'elles ont accompli dans la campagne environnante ! C'est tout de même évident qu'elles ne laissent plus grand'chose derrière elles. Pour un coup,
les récits des voyageurs n'avaient pas exagéré.

Plaine immense, plaine biblique, ondulée à peine, avec tes bouquets d'arbres ronds, tes carrés et tes losanges, la tristesse est sur toi. Te voilà terre d'Egypte, ravagée
d'une plaie. Pourtant, comme la Madeleine t'eût refaite avec ses larmes, une fois de plus salutaires ! Comme le vert de tes champs se fût ravivé, ravivant ses promesses.
Et c'est fini ! Au lieu que la pluie désaltère les plantes, les sauterelles ont dévoré les carottes, les salades, les pommes de terre, les topinambours, les betteraves
et jusqu'aux pousses des fleurs de saison.
Elles ont attaqué les choux, qui avaient déjà tant de mal à prendre et à faire bonne figure. Pour se rendre compte du désastre en perspective, il faut savoir ce qu'ils représentent de gestes monotones et de pas mesurés,
avec jambes torses et reins cassés, de patience et de courbature, tous ces choux alignés sur sillons interminables, à travers cette plaine raccordée à l'horizon,
choux plantés par milliers, un à un, tard le soir, dans l'apaisement des chaleurs torrides, et sans bénéfice d'une rosée nocturne jamais assurée.
Il faut savoir quelles réserves elles constituent pour l'étable et la crèche, les forêts naines des choux ondulant à l'automne de toutes leurs palmes.
Réserves compromises !
Est-il pas vrai que, sans malice, plus d'un fut tenté de sourire à ce passage des Écritures qui rappelle comment l’Égypte demeura désolée de dix plaies successives ?
Voyez pourtant comme le sourire s'égare.
La peste bovine, n'en avons-nous pas connu des variantes ?
Ne vient-il pas de couler un fleuve de sang tout le long de la frontière, sans même que l'on sache s'il est vraiment tari ?
Et les ravages de la grêle, ne les trouvez-vous pas fréquents ?

N'y a-t-il pas à l'heure actuelle un problème de prophylaxie générale qu'on n'arrive pas à résoudre ?
Les sauterelles sont venues. A quand les grenouilles ?
Vous souriez encore peut-être ? Ce n'est pas le moment, je vous assure.
Quelle leçon d'expérience à donner aux enfants pour des professeurs sagaces ! Ils ne l'ont point donnée. Et pour cause ! Quand les sauterelles se sont abattues, les enfants étaient en vacances.
Et quelle occasion pour la science de s'affirmer victorieuse ! Les savants, qui sont si malins, ne nous défendront-ils pas ?
Un gaz contre les sauterelles ferait joliment notre affaire, un gaz qui les atteindrait seules et pas les oiseaux.
C'est bien difficile. Les inventions des hommes, conçues pour la mort, la distribuent maladroite à tout ce qui respire.
Pendant la guerre, il fut prescrit par endroits aux unités en ligne d'avoir dans les cagnas et d'y tenir en observation de frêles oiseaux, au cœur sensible, dont
le décès subit décelait la présence des gaz bien avant la sonnerie d'alerte.
C'est ainsi que, durant la tourmente, des légions de canaris sont morts pour la France, au titre étranger.
Il ne manquerait plus maintenant que, sous prétexte d'empoisonner les sauterelles,
on assassinât les rouges-gorges !
Et, cependant, un fait reste c'est qu'il reste la vigne. Droguée, sulfatée, aspergée, inondée de mixture, elle a éveillé la méfiance de la sauterelle qui n'a pas
voulu y mordre. Donc, la chimie l'épouvante.
Avis aux laboratoires. Qu'ils s'empressent de nous offrir le préservatif intelligent, capable de laisser toutes les richesses de l'année debout, dans la même
splendeur que nos ceps.

Eh oui Dieu soit loué les vignes sont belles. Tous les pères Noé la couvent de longs regards, l'entourent de tendresse quotidienne. Ils ne parlent plus d'autre chose.
Mathurin Daubigny vient de marier sa fille. Il a invité toute la commune.
Mais Daubigny, lui disait-on, vous faites bien des dépenses ?
   Et lui de cligner de l'œil :
    Les vignes sont belles !
Pourvu qu'elles échappent aux dernières vicissitudes et franchissent la suprême étape ! Si la grange est pauvre et que le cellier soit plein, nous ne maudirons pas
le sort et la bonne humeur reparaîtra.
Elle n'est pas si éloignée, en dépit des sauterelles. Ici-bas, toutes choses se rejoignent les émotions voisinent.
Quand nous eûmes écrasé les sauteuses, après qu'eurent disparu dans la décomposition ou par le nettoyage leurs corselets vides et leurs pattes à ressort, tours ailes survécurent à l'écrabouillement. C'est si vivant, des ailes !
On en retrouvait partout les fragments rosés, soulevés au moindre souffle, formant sur le terrain une couche semblable à celle de confetti le lendemain d'une fête.
Or, dimanche, la petite ville renouait sa tradition des courses annuelles. interrompues par les événements que vous savez. Après des épreuves de haut intérêt,
où l'on vit sur la piste jusqu'au partant unique, tenant la corde jusqu'au bout, il y eut concert sur la place. La Chorale servit un Hymne an soleil, très indiqué
par la canicule.
Pour terminer, la bataille de confetti fit rage. Et les rondelles de papier multicolores s'en allèrent retrouver sur le sol, par les pelouses et dans la poussière,
les ailes de soie carminée pour s'abîmer avec elles dans un même destin. Une peine sur nos joies une joie sur nos peines : c'est, la vie ! Elle permet qu'on oublie.
Elle n'empêche pas qu'on se souvienne.

La Chesnaie.







Criquet italien ou Caloptène italien. Source : wikipedia

Remarque : pour le moment pas trouvé un enregistrement du chant du criquet italien


_________________
il n'y a pas des hiérarchies il n'y a que des differences


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MessagePosté le: Jeu 29 Nov - 00:48 (2012)    Sujet du message: Publicité

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